Née en 1958 à Dersim, dans une famille kurde alévie profondément marquée par les massacres de 1937-1938 et la répression, Sakıne Cansız grandit dans une Turquie où l’identité kurde est niée et où les femmes restent soumises au poids des traditions.
Très jeune, elle se révolte contre ce qui lui est assigné. À mesure qu’elle découvre son histoire et celle de son peuple, cette révolte devient conscience politique.
Son éveil accompagne les bouleversements qui secouent la Turquie des années 1960 et 1970 : essor des mouvements étudiants et ouvriers, émergence d’organisations kurdes, affrontements avec l’extrême droite, coup d’État militaire du 12 mars 1971 et répression de la gauche révolutionnaire.
Dans ce climat de violence politique croissante, Sakıne Cansız cherche sa ...
Née en 1958 à Dersim, dans une famille kurde alévie profondément marquée par les massacres de 1937-1938 et la répression, Sakıne Cansız grandit dans une Turquie où l’identité kurde est niée et où les femmes restent soumises au poids des traditions.
Très jeune, elle se révolte contre ce qui lui est assigné. À mesure qu’elle découvre son histoire et celle de son peuple, cette révolte devient conscience politique.
Son éveil accompagne les bouleversements qui secouent la Turquie des années 1960 et 1970 : essor des mouvements étudiants et ouvriers, émergence d’organisations kurdes, affrontements avec l’extrême droite, coup d’État militaire du 12 mars 1971 et répression de la gauche révolutionnaire.
Dans ce climat de violence politique croissante, Sakıne Cansız cherche sa voie. Elle quitte sa famille, travaille en usine, milite, connaît la clandestinité et rejoint celles et ceux qui placent la libération du Kurdistan au cœur de leur combat.
Premier tome de ses Mémoires, Toute ma vie fut un combat est le récit de cette formation politique et intime. Sakıne Cansız y analyse elle-même sa trajectoire, sans dissimuler ses enthousiasmes, ses doutes ni ses contradictions, et raconte les obstacles rencontrés comme femme dans un univers militant lui-même traversé par le patriarcat.
De la mémoire toujours vive de Dersim aux luttes révolutionnaires des années 1970, jusqu’au pogrom de Maraş en 1978, son histoire personnelle croise ainsi celle d’une époque de profondes fractures. Son récit nous mène jusqu’à la création du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le 27 novembre 1978, dont elle est l’une des membres fondatrices, puis à son arrestation en 1979. Commencent alors douze années d’emprisonnement et une résistance devenue emblématique à la prison d’Amed, qui affirmera son rôle historique dans la construction de la révolution kurde.
Écrit près de vingt ans plus tard dans les montagnes du Kurdistan, ce livre restitue de l’intérieur la naissance d’une révolutionnaire et celle d’un mouvement appelé à bouleverser l’histoire contemporaine du peuple kurde.