La novlangue néolibérale

La rhétorique du fétichisme capitaliste

Collection : « Avant-première »

Auteur-e : Alain Bihr

Parution : Mai 2017
Pages : 280
Format : 150 x 210
ISBN : 978-2-84950-552-6

18,00 €

Présentation

«Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que du vent.» La lucidité critique dont George Orwell a fait preuve dans cette sentence n’est pas surprenante de la part de l’auteur d’Hommage à la Catalogne, de La ferme des animaux et de 1984. Visant en général tous ceux et celles qui gouvernent ou aspirent à gouverner les hommes, elle s’applique tout particulièrement, mot à mot, au discours néolibéral que pratiquent, depuis plusieurs décennies, l’immense majorité des chefs d’État et de gouvernement mais aussi le commun des chefs d’entreprises, sans oublier les journalistes qui leur servent de faire-valoir et de courtisans ou les universitaires qui leur apportent leur caution académique.

Opérant comme une idéologie justifiant les politiques néolibérales qui, à coup de déréglementation des marchés et de libéralisation des échanges, cherchent à asseoir la domination universelle du capital, synonyme d’exploitation aggravée du travail et de dégradation continue de la nature, ce discours constitue un nouvel avatar de cette perversion discursive pour laquelle Orwell a créé dans 1984 le néologisme de novlangue. Chacun de ces termes apparaît soit comme un mot-valise qui passe son contraire en contrebande, soit comme un mot écran qui fait obstacle à l’usage de son contraire, soit même comme les deux à la fois. Et l’ensemble a pour effet de rendre impossible de penser le monde autrement que de la manière dont ses maîtres entendent qu’il soit pensé.

En renouant avec la critique marxienne du fétichisme économique, dont la fécondité théorique est ici une nouvelle fois illustrée, il est possible de mettre en évidence l’essence religieuse de ce discours qui n’hésite pas à proposer d’immenses sacrifices humains pour assurer la survie de la marchandise, de l’argent, du capital, du marché, de la société civile, de l’État, de la propriété privée, etc. Autant de rapports sociaux réifiés et déifiés devant lesquels ce discours se prosterne comme devant autant d’idoles barbares.

 

Revue et mise à jour, cette seconde édition de La novlangue néolibérale adjoint quelques articles supplémentaires pour tenir compte du renouvellement du discours néolibéral, notamment depuis la crise financière de 2007-2009, qui en a ébranlé le crédit un moment, sans cependant l’empêcher de retrouver finalement sa position prédominante. Elle est donc aussi conduite à s’interroger sur les raisons de son étonnante résilience.

Commentaires

Une coédition Page 2 (Lausanne) et Syllepse (Paris).