La Chine et le spectre de l'Occident

CONTESTATION POÉTIQUE, MODERNITÉ ET MÉTISSAGE

Collection : « Livres épuisés ou indisponibles »

Auteur-e : Gregory B. Lee

Parution : avril 2002
Pages : 248
Format : 165 x 230
ISBN : 2913165737

0,00 €

Présentation

C'est la Chine qui a constitué depuis plusieurs siècles pour l'Occident à la fois un spectacle et un spectre. Mais pour la Chine, c'est l'Occident qui l'a menacée, envahie, et contrainte à changer ses modes de vie : pendant plus d'un siècle la société et la culture chinoises ont dû faire face aux pratiques et aux mentalités de la modernité occidentale et le métissage socioculturel y a été imposé par le colonialisme des 19e et 20e siècle.
Dans un même temps, en Occident, en choisissant d'oublier cette histoire colonialiste, on exige que la Chine reste «authentique» et «exotique», qu'elle soit la source de philosophies apaisantes et passives pour assouvir nos âmes troublées dans cette ère post-moderne et «post-idéologique». Le fait que cet ouvrage cible les pratiques lyriques n'est pas un choix aléatoire, car si c'est le roman qui a narré et négocié notre modernité, c'est bien la poésie, quand ses pratiquants ne se sont pas laissés séduire par les politiciens, qui l'a contesté. Les poètes que l'auteur discute et présente ici ont tous écrit au cours d'une ère hostile à la parole lyrique et à l'acte poétique. Alors que certains se sont fait prendre au piège d'idéologies «émancipatrices», d'autres, par leurs poèmes et leurs actes, se sont inscrits dans une volonté de résister et même de transcender les forces et les conditions dominantes de la modernité. Cette volonté n'est pas limitée par des frontières territoriales ou esthétiques.
Ainsi, dans cet ouvrage des contestataires lyriques célèbres tels que Benjamin Péret se trouvent côte à côte des poètes chinois «dissidents» tels que Duoduo et Bei Dao, et des penseurs d'avant-garde tels Guy Debord et Raoul Vaneigem côtoient les chanteurs décentralisants d'Occitanie, les troubadours de la vie quotidienne des Chinatowns, et les pionniers du rock and roll pékinois. Comme Marina Tsvetaïeva nous l'a rappelé, la poésie a souvent dû se substituer à l'histoire pendant le 20e siècle, mais elle ne se contente pas d'enregistrer le monde, elle peut imaginer son avenir. Au-delà des positions des partisans de la souveraineté nationale qui nous re-proposent l'État comme panacée et au-delà du multiculturalisme mondialisant, il y a le monde rêvé par les penseurs poétiques représentés ici.

C'est un monde perçu par Maurice Merleau-Ponty comme «multiplicité ouverte et indéfinie où les rapports sont d'implication réciproque» où l'impossible s'imagine et se construit sur le champ du possible.  

 

Commentaires

Traduction de Éliane Utudjian Saint-André.

Autres ouvrages à découvrir dans le même thème

La Chine en Afrique

La Chine en Afrique

Laurent Delcourt

13,00 €

La Chine : un capitalisme bureaucratique

La Chine : un capitalisme bureaucratique

Au Loong Yu

10,00 €