Table des matières
Préface, Patrick Rozenblatt et Djaouida Séhil
Mettre un peu d'ordre dans une
question où tout relève de l'ordre
Avant-propos
Partie A. Les critères de la
qualification du travail
Partie B. Calcul d'un indice de
qualification de la main-d'œuvre
pour la région parisienne
Partie C. Remarques sur la portée
sociologique de la hiérarchie des
qualifications

En 1956, Pierre Naville publie cet ouvrage avant-gardiste
dans la collection « Recherches
de sociologie du travail » aux Éditions Marcel Rivière.
En 2012, l'ouvrage est à nouveau disponible pour qui veut comprendre ce qui se joue dans les
processus de mise en valeur ou de dévalorisation du travail et leurs
conséquences sur la constitution des hiérarchies professionnelles et
salariales.
Cinquante six ans se sont écoulées sans que, sur le fond des
enjeux de société qu’il interroge autant que sur la méthode qu’il propose, sonEssai n’est pris une seule ride. Bien au contraire, alors même que le langage
de la «compétence» est devenu dominant, que le travail industriel et
machinique, hégémonique autrefois, cotoîe désormais des formes multiples
d’organisation alors inexistantes, les analyses de Pierre Naville permettent de
penser et de comprendre le phénomène de la qualification dans toute sa logique
de mise en ordre de la valeur du travail.
Il insiste sur l’importance que tient la formation dans la
constitution des inégalités hiérarchiques. L’Essai offre une lecture
intelligente et sans concession des stratégies mises en œuvre par le capital
pour asservir le salariat car : « Sociologiquement, la qualification des
travaux se réfère à l’aspect hiérarchique des structures sociales, à la forme
d’existence productive dans laquelle les données technico-économiques résistent
en quelque sorte au désir de valorisation individuelle, d’où résulte un
jugement social sur la valeur comparée des travaux , un ranking, une échelle
comparée des capacités, des mérites et des pouvoirs. »