Table des matières
Préface
Quatre lois de nature très différente, Henri Leclerc
Introduction
Sans repentance, ni amalgames, ni mépris des victimes : Refusons toute histoire officielle, Claude Liauzu et Gilles Manceron
Première partie
Les origines et la genèse d’une loi scélérate, Valérie Esclangon Morin, François Nadiras et Sylvie Thénault
Deuxième partie
Les réactions à cette loi et la défense de l’autonomie de l’enseignement et de la recherche, Gilles Manceron et François Nadiras
Troisième partie
Réflexions sur l’histoire et l’enseignement de la colonisation
L’histoire de la colonisation : pour quoi ?, Claude Liauzu
Quelle histoire de la colonisation enseigner ?, Valérie Esclangon Morin
Le fait colonial, les lois de mémoire et l’enseignement, Sophie Ernst
Et si l’esclavage colonial faisait histoire nationale ?, Myriam Cottias
Quelques réflexions pour contribuer à l’enseignement de l’histoire de la traite et de l’esclavage des Noirs dans les colonies françaises, Éric Mesnard
Les stèles de la honte et la mémoire des enseignants victimes de l’OAS, Jean-Philippe Ould-Aoudia
L’historien, le philosophe et le politique, Jocelyne Dakhlia
Annexes :
Deux articles publiés par Madeleine Rebérioux dans L’Histoire et dans Le Monde
Textes de loi relatifs à la mémoire et à l’histoire
Notes
Les auteurs

La loi du 23 février 2005 portant reconnaissance de la nation envers l’œuvre des Français outre-mer et les souffrances des rapatriés, dispose, dans son article 4 que « les programmes scolaires reconnaissent le rôle positif » de la colonisation. L’article 3 crée une Fondation pour la mémoire et l’histoire de la guerre d’Algérie qui sera chargée d’animer les études dans ce domaine. Un mouvement de protestation des historiens, appuyé par les syndicats d’enseignants, la Ligue des droits de l’Homme, la Ligue de l’enseignement, a réagi à cette loi. Mais les députés de la majorité ont refusé le 29 novembre d’abroger son article 4. Même supprimé par Jacques Chirac, il représente une menace pour la liberté des chercheurs et des enseignants. Il impose une vision de l’histoire dans laquelle des millions d’élèves de toutes origines ne peuvent pas se reconnaître. Il suscite des réactions de rejet dans les pays anciennement colonisés et porte atteinte aux échanges scientifiques et culturels avec eux.
Ce livre s’efforce d’analyser les problèmes posés par ces deux articles. Dans quelles conditions ont-ils été préparés et adoptés, sous l’action de quels groupes de pression ? Quelles en sont les conséquences pour une discipline qui occupe une place importante dans notre système scolaire et universitaire ? Où en est-on des recherches et de l’enseignement en matière d’histoire de la colonisation ?
Toutes ces questions appellent des mises au point et des débats apaisés sur les problèmes scientifiques et pédagogiques posés afin que l’histoire puisse s’écrire librement et que l’école ne devienne pas l’instrument d’intérêts particuliers rétrogrades.