Table des matières
Préface de Lucien Sfez
Introduction
PREMIERE PARTIE
Le prophétisme techno-communicationnel : un
prophétisme sécularisé et visionnaire
CHAPITRE I
Société de l’information et recherches sur le futur
CHAPITRE II
A quelles conditions parler de prophétisme
techno-communicationnel ?
CHAPITRE III
Visions prophétiques et mutations du modèle
managérial
CHAPITRE IV
Aspects du messianisme technologique
CHAPITRE V
La prophétie médiatisée ou la vision dénaturée
CHAPITRE VI
Visions prophétiques et discours figuratif
Seconde partie
Le prophétisme techno-communicationnel : un
opérateur entre utopie et idéologie
CHAPITRE VII
De l’utopie littéraire aux pratiques mobilisatrices
CHAPITRE VIII
L’inscription imaginée de la propriété intellectuelle
dans l’organisme-réseau
CHAPITRE IX
De l’autorégulation à la dissolution de l’État
CHAPITRE X
Le prophétisme : un opérateur entre une utopie désirée
et une idéologie néo-libérale
Conclusion
Signe des temps et temps des signes
Index
Glossaire

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) se sont mises en place sous les auspices d’un prophétisme communicationnel qui les accompagne et les légitime avec la force du discours religieux. On trouve dans le discours – en provenance d’auteurs le plus souvent américains – entourant les NTIC un mélange étonnant et inédit de libéralisme économique (la nouvelle économie numérique comme sortie de crise), d’esprit « libertaire » (la décentralisation du pouvoir par les réseaux), de théologie (la promesse d’un monde nouveau, une sorte de messianisme technologique, avec la redécouverte, par ces penseurs, de Theillard de Chardin), de crispation sécuritaire (la construction de villes entièrement architecturées par les moyens de surveillance électronique), etc. Ce livre décrypte minutieusement l’emprise de cette idéologie syncrétique et inquiétante autant qu’insidieuse puisque se donnant justement les apparences de l’artifice technologique et de l’utopie au service de la communauté. Le prophétisme communicationnel puise dans une abondante littérature émanant aussi bien de grands noms du secteur industriel (Bill Gates) que du milieu de la Recherche et Développement (Negroponte, par ex), ou encore, ce qui est très peu connu en France, de ces officines de réflexion stratégique essentiellement américaines, appelées Think Tank. Celles-là même qui « organisèrent » la deuxième guerre d’Irak… Le monde de demain qui s’y dessine opère un mouvement de translation du capitalisme industriel en partie défunt vers un capitalisme post-industriel se donnant comme le sauveur d’une nouvelle « humanité numérique » plus que jamais aliénée. La facticité de ce dessein, répétons-le, messianique, est parfaitement restitué par David Forest qui ne cède pourtant pas à la facilité d’une dénonciation stérile et anti-technologique.
Recensions :
Article de Pierre Musso (L'Humanité, 22 mars 2005).