Seul celui qui change reste fidèle à lui-même

huit discours sur l’Allemagne

Collection "Hors collection"

Auteur: Biermann Wolf

Parution : mars 2003
Pages : 268 pages
Format : 150x215
ISBN : 2-84797-027-4


Table des matières

Esquisse d’une biographie de l’auteur 

Avant-propos 

 

Première conférence

Chanson politique, chanson privée 

Seconde conférence

La poésie : images d’ombres

dans la caverne de l’âme

Troisième conférence

Aller trop loin, certes !

Mais jusqu’où aller trop loin ? 

Quatrième conférence

Art poétique 

Cinquième conférence

Interprétation

Sixième conférence

La musique est une catin

qui s’accorde avec tous les textes 

Septième conférence

Distribution de poésies

sur la place du marché 

Huitième conférence

Talent et caractère 

Poèmes et chansons en allemand  

Présentation

Poésie et vérité. Comment se partagent-elles le moi du poète ? Quelle est la part du politique et quelle est la part du privé en poésie ? Les chansons contribuent-elles à faire l'histoire ou est-ce l'histoire qui, peut-être, fait naître les chansons ? Qui suscite l'émotion et qui la ressent ? Quel est le mode de relation des sons aux paroles ? La musique est-elle vraiment une catin qui s’adapte à tous les textes ? Et qu'en est-il de Luther, l'interprète de Dieu ? Qui veut maîtriser l'art de la traduction ne rencontre qu'un seul obstacle véritable : sa langue maternelle. Et que dire de la vieille question litigieuse des besoins en talent et en caractère de l'écrivain. Qu'advient-il de l'art véritable sur un marché où l'art est une marchandise ? Comment se fait-il que des escrocs criminels continuent à vivre allégrement, alors qu'ils sont morts depuis longtemps, tués par le ridicule, dans une épigramme vengeuse ? Telles sont les questions posées dans ce livre. Je les ai traitées à la lumière des expériences que j'ai faites en RDA jusqu'en 1976 et de mes expériences ultérieures. J'ai mêlé dans cet ouvrage réflexions sur l'esthétique, analyses, anecdotes, Histoire et histoires. Ce travail est aussi un fragment d'histoire de la littérature, traité avec l'impertinence de ma subjectivité. En Allemagne, un cours d'université dure, en règle générale, trois-quarts d'heure. Suit une pause, puis on reprend pour trois quarts d'heure. Mais chacune des conférences que j'ai tenues à l'Université de Düsseldorf a duré en moyenne trois heures, sans pause. J'ai rencontré une véritable curiosité, récolté des rires intelligents et apporté de l'air frais. Imaginez une salle en gradins. En bas, dans l'espace libre de l'amphithéâtre, se dresse un pupitre ultramoderne, juché sur un mince pied d'acier réglable à la hauteur de mes 168 cm. Au sol, une bonne bouteille d'eau. Je suis venu, chaque fois, avec un manuscrit totalement rédigé que j'ai abandonné de temps à autre pour improviser. Sont venus de nombreux étudiants, de disciplines diverses. Il y avait aussi dans l'auditoire, des professeurs, des assistants, et, souvent aussi, des visiteurs venus de l'extérieur. J'ai toujours eu devant moi de beaux visages, jeunes et vieux Une chose au moins nous a réunis, l'émerveillement que suscite en nous un enfant terrible de Düsseldorf, le village sur les rives de la Düssel, un enfant qui savait de quoi était fait le monde et qui a toujours suscité amour et haine : Heinrich Heine. Lorsque, après des disputes longues et pathétiquement provinciales, cette université fut enfin autorisée à se donner le nom de ce poète de renommée mondiale, le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie offrit à cette dernière les moyens de financer une chaire exceptionnelle, consacrée à Heinrich Heine. Depuis lors, une sommité connue comme le loup blanc est invitée chaque année à venir gronder, japper, mordre et glapir devant le public. Un germaniste, Gert Kaiser, recteur de cette université, m'a invité à venir à Düsseldorf. Et, lorsque l'année fut passée, il me proposa, au terme du semestre d'hiver 93-94, de recommencer à faire le professeur. J'acceptai avec plaisir et cela aurait pu continuer ainsi encore un certain temps. Mais lorsque je sentis qu'on allait me proposer une troisième année, je décidai d’arrêter. Je préférais écrire de nouvelles chansons et de nouveaux poèmes. Ce qu'Epictête, le philosophe vulgaire romain, a dit de l'agneau vaut aussi pour moi, Wolf, le loup : ce qui nous intéresse, ce n'est pas de quoi il se nourrit, ni comment il chie ou pisse - nous voulons sa chair et sa laine. (extrait de l'avant-propos) Wolf Biermann

Commentaire

illustration de Pamela Biermann.

traduction de Marie-Claude Deshayes-Rodriguez.

 




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