Table des matières
Introduction. Une révolution de l’éducation en Europe
Chapitre 1. La naissance du nouveau modèle éducatif en Europe
Chapitre 2. Le paradigme européen de la connaissance
Chapitre 3. Les traités européens et l’éducation
Chapitre 4. La stratégie de Lisbonne
Chapitre 5. La réforme des universités dans la stratégie de
Lisbonne
Chapitre 6. De la stratégie de Lisbonne aux politiques
nationales
Conclusion. Rien n’est joué

L’avenir de nos écoles et de nos universités se décide de
plus en plus à l’échelle européenne. Encore mal connue, la politique de
l’Europe en matière d’éducation reste peu visible alors même que son influence
s’accroît. Connaître le sens de la « stratégie
de Lisbonne » et du
processus de Bologne »,
c’est se donner la possibilité de mieux comprendre la grande mutation de nos
institutions d’enseignement. C’est aussi
comprendre le projet de société que l’Union européenne met en œuvre au travers
des réformes nationales en se servant de relais multiples et parfois inattendus
à l’intérieur de chaque pays.
L’enjeu de cette politique néolibérale est considérable. En
rupture avec les bases humanistes de l’école, elle fait de cette dernière un
instrument au service exclusif de la compétitivité économique dans le cadre du
capitalisme globalisé. Par là, elle menace la formation de citoyens libres et
le développement de la pensée et de la science.
De la mise en concurrence des écoles à la pédagogie des
compétences, de l’évaluation quantitative à l’augmentation des droits
universitaires, du pouvoir managérial à la professionnalisation généralisée des
cursus, une cohérence s’impose par touches successives à tous les niveaux de
l’enseignement : le projet
de construire un « marché
européen de la connaissance ».
Partout en Europe les mêmes réformes régressives engendrent
des mobilisations qui demandent aujourd’hui à être coordonnées. Dans toutes les
langues de l’Europe, les mots d’ordre disent un même refus de l’« école-entreprise » et de la « connaissance-marchandise ».
Le message de ce livre fortement documenté est clair : mieux connaître la politique
européenne en matière d’éducation et de recherche, c’est se donner les moyens
d’engager la lutte sur le terrain transnational où seule désormais elle peut
être gagnée.