
Prendre une retraite à 60 ans après une vie adulte de travail et bénéficier d’une pension correcte, en rapport avec le revenu d’activité dont on disposait, est-ce énorme, indécent, inaccessible ? On le croirait à entendre le discours qui nous est complaisamment instillé pour nous convaincre de sa prétendue fatalité.
L’équation semble simple, évidente même : nous vivons plus longtemps ; notre espérance de vie comme retraités s’accroît ; il nous faudrait donc travailler plus longtemps pour que le coût de nos retraites ne soit pas un poids insupportable pour nos enfants et nos petits enfants. Et la seule question à traiter serait celle de l’équité et de la lutte contre d’insoutenables privilèges.
C’est à peu près en ces termes qu’ont été présentées à l’opinion la « réforme » de 2003 et celle des régimes spéciaux ; et c’est ainsi que se dessine l’argumentation qui, après 2003, prétend justifier un nouvel allongement de la durée de cotisation en 2008.
Mais si l’on regarde derrière cette « évidence », on perçoit une réalité tout autre ; et cette argumentation s’assimile à de la publicité mensongère.