Table des matières
9. Introduction La mobilisation étudiante, moteur d’un mouvement général
Le contexte de la mobilisation lyonnaise
Faire naître une parole étudiante sur le mouvement
21. Un mouvement lent à démarrer
Une université, deux campus : les « quais » et « Bron »
La dernière mobilisation en date… du LMD au CPE
Ambiance sur le campus de Bron : un début de canalisation de l’inventivité étudiante
Un mouvement profondément divisé
L’après LMD
Contre le CPE et la LEC : « allez, on va débrayer ! »
À Bron…
Pendant ce temps-là, sur les quais
Rétablir la possibilité d’un déploiement du mouvement étudiant
Enfin, nous pouvons bloquer !
51. Le blocage de l’université
Fac bloquée, rejoignez-nous !
Les arguments des « bloqueurs »
Arguments des « antibloqueurs »
Quel blocage ?
Les « antibloqueurs » : tentative de portrait
L’organisation des AG
La tribune
L’ordre du jour, les tours de paroles et les votes
Le comité de mobilisation
Rôle des AG de ville et relations avec les autres établissements
Quelle est la pratique de ces assemblées générales de ville ?
71. Un mouvement qui s’installe et se structure
Autogestion du mouvement : le contrôle de l’occupation et le fonctionnement en commission La commission « bouffe »
La vie nocturne à Bron
La commission tract
La commission « boîte » :
La commission débat/projection :
Le SO/SOS
De la dégradation supposée des locaux
Le financement du mouvement
Les caisses de mobilisations
Opération péage libre : la répartition de l’argent
Gestion au niveau de la ville.
Les actions autonomes et la commission « action »
Une volonté d’autonomie
Création de la commission action
L’action en quête de légitimité
Bilan des actions « radicales »
Les coordinations nationales
Une coordination nationale : comment…
… et pour quoi faire ?
Débats politiques des coordinations nationales…
97. Un mouvement étudiant qui devient général
« Lycéens, étudiants, chômeurs et salariés… »
« Le 23 mars »
Le réveil militant des personnels de Lyon 2
115. Des réalités différentes, des paroles plurielles ? Les médias et le mouvement
Une vue d’ensemble Les premiers papiers du mois de janvier : naissance d’un contrat…
Une véritable avalanche médiatique : résumer la lutte en un mouvement « anti-CPE » Place aux bilans !
Des choix qui reposent sur des contraintes plus ou moins réelles…
L’importance du terrain : entre instrument de légitimité et illustration de propos préconçus
La difficile articulation local/national
« Le spectacle de la société »
De l’usage des mots…
… à une ligne politique
La contrainte du format
Le choix des interlocuteur-rice-s
Étudiant-e-s et médias : une entente difficile
Les médias « alternatifs »
Les enjeux d’une médiation participative
La parole est à nous…
… nous la prenons !
147. Ce que voulait dire notre lutte contre le CPE et la LEC
« C » comme chômage, « P » comme précaire, « E » comme entreprise
Retrait du CPE : victoire ou défaite ?
Un point de départ vers d’autres interrogations
155. Le refus de la précarité : vers une critique plus large de la société
« Passe ton bac d’abord ! »
Définir la précarité : une peur de l’avenir ?
Des expériences concrètes de la précarité
167. Descendre dans la rue ou le parcours de la génération du 21 avril
« La jeunesse emmerde le front national »
Une génération marquée par des luttes sociales
La réforme Fillon sur l’éducation et le référendum sur le TCE
La jeunesse n’est qu’une. La précarité la même pour tous
« Dans les quartiers, dans les lycées, en facultés… qui sème la misère
récolte la colère… »
Les bonnes volontés ne suffisent pas
Les « émeutes » de novembre 2005 : un mouvement politique ?
Il y avait bien des revendications…
Une jeunesse unie face à l’adversité : une démarche non neutre
Après la mobilisation, que reste-t-il ?
Des traces diffuses, non formalisées
Des syndicats étudiants en décalage par rapport aux suites du
mouvement
183. L’appropriation de l’université
L’université, du savoir académique à la contestation politique
L’après mouvement : des changements dans la perception de l’université ?
L’université en mutation
Du partage des savoirs et des pratiques…
… à une adaptation ambiguë au « marché du travail »
197. Stratégies de développement de la lutte
Des revendications appropriées et appropriables
Quelle conscience de notre force ? À la base de divergences stratégiques
Interactions sociales dans le coeur du mouvement
Crispation des différends
Chercher à dépasser des rapports sociaux hiérarchisés et institutionnalisés
Et la légitimité dans tout ça ?
« Une minorité d’activistes »
« Étudiant-e-s hors des facs ! »
Coordination versus intersyndicale
La légitimité en terrain illégal
219. Violence d’État, violence sociale
Une perception très concrète de l’État répressif
De la nécessité de déconstruire la peur des « casseurs »
La crise des institutions
Du côté du Parlement ? Rien de nouveau assurément…
Une méfiance systématique envers les organisations
233. Conclusion
La lutte continue !
Surveillance et répression comme uniques réponses
Une contestation internationale des politiques libérales en matière
d’éducation
247. Annexes
Chronologie
Appel de la coordination nationale de Toulouse
La charte de Bron
Glossaire des sigles, termes et expressions
Retour sur une expérience d’écriture et d’enquête collective
La liste des entretiens réalisés
Le collectif 4 bis… présentation personnelle des auteur-e-s

Début février 2006, le Premier ministre Dominique de Villepin choisit de passer en force à l’Assemblée nationale et fait adopter la loi dite sur l’égalité des chances en utilisant l’article 49.3 de la Constitution. Un nouveau contrat précaire est institué, le « contrat première embauche » (CPE), destiné aux moins de 26 ans, qui allonge la période d’essai à deux ans, facilite le licenciement et participe du démantèlement du droit du travail.
Trois mois après les émeutes urbaines de l’automne 2005, le gouvernement entend ainsi apporter une réponse au « malaise des jeunes » en généralisant les emplois précaires. Face à cette provocation, un mouvement étudiant et lycéen démarre dans toute la France. Très vite, les manifestations se multiplient, les salariés se joignent aux étudiants. À plusieurs reprises, des millions de personnes descendent dans la rue. Les universités sont occupées. Au total, une soixantaine (sur 84) sont complètement paralysées pendant des périodes allant de une à neuf semaines. Plus de 600 lycées connaissent des mouvements qui vont du débrayage de cours au blocage total.
Né d’une écriture collective, ce livre décrit le vécu du mouvement étudiant en établissant des comparaisons avec d’autres villes et universités. Il
raconte l’originalité de la mobilisation dans ses modalités d’organisation et dans ses pratiques d’autogestion. Les blocages donnent lieu à une réappropriation de l’espace universitaire, créant d’intenses débats sur le rôle de l’université, la pratique de la démocratie, les attentes par rapport au
monde du travail, mais aussi sur les conditions d’élargissement de la lutte aux salariés, en particulier aux plus précaires d’entre eux.
Rédigé par un groupe d’étudiant-e-s qui ont voulu prolonger ainsi leur engagement, estimant que le retrait du CPE n’était qu’une étape, l’ouvrage
rassemble des témoignages, des portraits, des documents et des photos recueillis au fur et à mesure du mouvement. Il propose une analyse des différentes questions posées par et pendant la lutte. C’est bien du devenir de l’enseignement supérieur et de l’éducation publique dont il est question, mais aussi de la dégradation du travail et de l’emploi. Plus largement, le refus de la précarité et de la soumission au marché, exprimé par d’autres mouvements étudiants en Grèce et en Chili, ne porte-t-il pas à l’aspiration à une nouvelle logique de société ?
Quatre Bis est un groupe d’étudiant-e-s de l’Université Lyon 2 engagées dans la mobilisation anti-CPE, de sensibilités politiques variées. Constitué dès le mois de mai 2006, le collectif a choisi de fonctionner en atelier d’écriture. Le « 4 bis, rue de l’Université », était le point de ralliement, d’information et d’échange des étudiants durant la mobilisation.