 |  | Voie royale, voie républicaineLa Formation des élites en France et en Grande-BretagneCollection "Utopie Critique" Auteur: Goldring Maurice
Parution : novembre 2000 Pages : 126 pages Format : 130x210 ISBN : 2-913165-36-2
Table des matièresChapitre 1 : Introduction
Chapitre 2 : Les origines, voie royale, voie républicaine
Chapitre 3 : Méritocratie et aristocratie
Chapitre 4 : Correspondances France-Grande-Bretagne
Chapitre 5 : Les réformes
Chapitre 6 : Conclusions  L'écroulement des privilèges traditionnels liés à la naissance et à la fortune, l'extension du suffrage universel, ont obligé les classes dirigeantes à créer d'autres instances de légitimation. "Les privilèges ont disparu. La démocratie ne peut être arrêtée. Les classes supérieures sont obligées de reconnaître les droits de la majorité et elles ne peuvent maintenir leur domination politique qu'en invoquant le droit des plus capables... La marée de la démocratie doit se heurter à une seconde ligne de défense, composée de capacités manifestes et utiles, de qualités supérieures dont le prestige est irréfutable", écrivait Emile Boutmy, le fondateur de L'École libre de Sciences politiques en 1871. A partir de cette préoccupation unique se sont constituées deux filières de formation des élites en France et en Grande-Bretagne. D'un côté, les classes de préparation et les Grandes Écoles (Normale supérieure, Polytechnique, École Nationale d'Administration), de l'autre, les Public Schools et les Grandes Universités (Oxford et Cambridge). Les deux systèmes ont des modes de sélection très éloignés. Les concours n'existent pas outre-Manche. La naissance et la fortune ont longtemps été les justifications principales du système anglais. L'intelligence et le mérite ont été le fondement des recrutements par concours dans la France républicaine. Mais dans les deux cas, le recrutement des élites se trouve restreint à une infime portion de la société. La voie royale et l'élitisme républicain sont des machines différentes à mouler le même grain et à tamiser la même farine. D'ailleurs, les deux voies ont tendance à se rejoindre. Les Public Schools et les Grandes Universités on évolué vers une sélection des compétences plus sévères, plus proches des classes de préparation françaises, tandis que les Grandes Écoles ont tendance à accentuer leur aspect de caste. Le système anglais se méritocratise tandis que le système français s'aristocratise. Comment une société qui se qualifie de démocratique peut-elle éliminer du recrutement de ses élites la grande majorité du peuple ? Des deux côtés, à intervalles réguliers, on dénonce cette situation, on annonce de grandes réformes. Rien ne semble bouger. Dans les deux cas, le système en place donne le sentiment de former une forteresse indestructible. Comparer les deux systèmes c'est montrer que le mécanisme de sélection française, républicaine, égalitaire et juste, partage avec les filières apparemment plus fondées sur l'argent et la naissance un pouvoir de sélection aussi brutalement inégalitaire et injuste.
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