Une trajectoire du capital

De la crise de 1929 à celle de la nouvelle économie

Collection "Utopie Critique"

Auteur: Johsua Isaac

Parution : avril 2006
Pages : 294 pages
Format : 130 x 210
ISBN : 2-84950-088-7


Table des matières

Introduction

 

Chapitre 1. La crise de 1929 et la double émergence

La dépression américaine et l’ère des crises majeures

La crise européenne et la guerre inachevée

 

Chapitre 2. Europe : guerre de trente ans, rattrapage de trente ans

La guerre de trente ans : la chute

La guerre de trente ans : le rattrapage

La guerre de trente ans et la fin du rattrapage

Ascension et chute de la productivité du capital

Annexe 1. Évolution des principaux indicateurs de 1913 à 1946

Annexe 2. Les taux de profit en France, RFA et Royaume-Uni

Annexe 3. La productivité du capital en France, RFA et Royaume-Uni

Annexe 4. La part des profits dans la valeur ajoutée en France, RFA et Royaume-Uni

Annexe 5. Productivité du travail en France, RFA et Royaume-Uni

Annexe 6. Comparaison avec les conclusions d’autres études

 

Chapitre 3. Les États-Unis d’après-guerre et l’effet de rattrapage

Les autres explications de la rupture de 1974

Le tournant néolibéral

La rupture de 1974 : début d’une dépression ou fin d’un rattrapage ?

Annexe 1. Le taux de profit et sa décomposition

Annexe 2. Le taux de rattrapage

 

Chapitre 4. La mondialisation du salariat

Une mondialisation de la circulation ?

Rien de neuf sous le soleil ?

Une mondialisation du capital productif

 

Chapitre 5. Mondialisation et financiarisation

Tournant néolibéral et mondialisation du capital productif

Une dictature des créanciers ?

L’aliénation poussée à un point jamais atteint

L’interpénétration entre finance et économie réelle

 

Chapitre 6. La crise de l’Asie du Sud-Est : l’ère de la mondialisation néolibérale, l’ère des crises majeures

Une crise de la mondialisation du capital productif

Les trois « s » : suraccumulation, spéculation, surendettement

Le déroulement de la crise

La crise de l’Asie du Sud-Est : la réouverture de l’ère des crises majeures

L’instabilité du capital productif mondialisé

 

Chapitre 7. La « nouvelle économie » ou l’utopie du capital

Le cycle court standard et le modèle néolibéral

Spéculation, suraccumulation, surendettement

Le retournement

Une crise stockée dans les déséquilibres accumulés

L’Amérique ou la fuite en avant

La crise de la nouvelle économie : recommencement et renouvellement

 

Conclusion

Entre État dominant et passage du témoin

Entre étouffement et effondrement

Entre intensivité et extensivité

Bibliographie

Présentation

Ce livre est né d’un certain nombre d’interrogations sur un capitalisme pris entre mutations et continuité, entre capacité à survivre et mort annoncée. Deux grandes préoccupations le traversent. Il s’agit d’abord (en partant de Marx) de trouver l’équilibre entre énoncé de ses mutations et expression d’une continuité, entre bouleversement perpétuel et constance d’une matrice. En quoi, par exemple, la crise de 1929, bien que non reproductible, est-elle quand même le prisme au travers duquel on peut continuer à lire les crises d’aujourd’hui? Il s’agit ensuite de rejeter tout à la fois l’accablement résigné que suscite la perpétuation du capitalisme et le réflexe pavlovien de l’annonce régulière de sa fin apocalyptique. Il s’agit donc de désigner les écueils entre lesquels ce système navigue, qu’il peut éviter mais contre lesquels il peut aussi bien se fracasser. Que nous révèle, de ce point de vue, la trajectoire du capital, jetée comme un pont suspendu entre la crise de 1929 et celle, en 2001, de la «nouvelle économie»? Telle est la question à laquelle l’ouvrage tente de répondre.
Un premier chapitre est consacré à la crise de 1929. La grande crise est, au premier chef, américaine. Trois tendances de fond animent le capitalisme (à l’homogénéisation, à la différenciation, à l’interconnexion) et elles accroissent toutes trois l’instabilité du système. Comment alors comprendre qu’après la fin de la deuxième guerre mondiale, on n’a pas constaté une succession de crises de plus en plus violentes, mais, au contraire, trente années d’une expansion forte et régulière ? Pour l’expliquer, nous nous tournerons (chapitres 2 et 3) vers la «guerre de 30 ans», celle qui, de 1914 à 1945, a fait se succéder guerres, crises et révolutions. Un quatrième chapitre traitera alors de la mondialisation comme étant celle du salariat et du capital productif. Une mondialisation subreptice, qui n’est pas celle qu’on croit. Désormais, il s’agit de produire partout à la façon capitaliste. La guerre de 30 ans nous apparaît à nouveau comme l’acte fondateur. Dans la foulée, un cinquième chapitre tentera de caractériser la finance actuelle. Un sixième chapitre illustrera en quelque sorte les développements précédents en décortiquant la crise de l’Asie du sud-est de 1997. Le septième chapitre, centré sur la crise américaine de la nouvelle économie (2001), confirmera le propos. La conclusion générale de l’ouvrage s’appuie sur l’ensemble de la trajectoire examinée pour tenter d’éclairer les voies d’un futur incertain. Elle décrit les sentiers escarpés que le système capitaliste est contraint de parcourir, cheminant tel un funambule entre divers abîmes: entre Etat dominant et passage du témoin, entre crises de l’intensivité et crises de l’extensivité, entre étouffement et effondrement.

 

Article du Monde diplomatique (novembre 2006). 




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