Table des matières
Introduction
Chapitre 1. La crise de 1929 et la double émergence
La dépression américaine et l’ère des crises majeures
La crise européenne et la guerre inachevée
Chapitre 2. Europe : guerre de trente ans, rattrapage de trente ans
La guerre de trente ans : la chute
La guerre de trente ans : le rattrapage
La guerre de trente ans et la fin du rattrapage
Ascension et chute de la productivité du capital
Annexe 1. Évolution des principaux indicateurs de 1913 à 1946
Annexe 2. Les taux de profit en France, RFA et Royaume-Uni
Annexe 3. La productivité du capital en France, RFA et Royaume-Uni
Annexe 4. La part des profits dans la valeur ajoutée en France, RFA et Royaume-Uni
Annexe 5. Productivité du travail en France, RFA et Royaume-Uni
Annexe 6. Comparaison avec les conclusions d’autres études
Chapitre 3. Les États-Unis d’après-guerre et l’effet de rattrapage
Les autres explications de la rupture de 1974
Le tournant néolibéral
La rupture de 1974 : début d’une dépression ou fin d’un rattrapage ?
Annexe 1. Le taux de profit et sa décomposition
Annexe 2. Le taux de rattrapage
Chapitre 4. La mondialisation du salariat
Une mondialisation de la circulation ?
Rien de neuf sous le soleil ?
Une mondialisation du capital productif
Chapitre 5. Mondialisation et financiarisation
Tournant néolibéral et mondialisation du capital productif
Une dictature des créanciers ?
L’aliénation poussée à un point jamais atteint
L’interpénétration entre finance et économie réelle
Chapitre 6. La crise de l’Asie du Sud-Est : l’ère de la mondialisation néolibérale, l’ère des crises majeures
Une crise de la mondialisation du capital productif
Les trois « s » : suraccumulation, spéculation, surendettement
Le déroulement de la crise
La crise de l’Asie du Sud-Est : la réouverture de l’ère des crises majeures
L’instabilité du capital productif mondialisé
Chapitre 7. La « nouvelle économie » ou l’utopie du capital
Le cycle court standard et le modèle néolibéral
Spéculation, suraccumulation, surendettement
Le retournement
Une crise stockée dans les déséquilibres accumulés
L’Amérique ou la fuite en avant
La crise de la nouvelle économie : recommencement et renouvellement
Conclusion
Entre État dominant et passage du témoin
Entre étouffement et effondrement
Entre intensivité et extensivité
Bibliographie

Ce livre est né d’un certain nombre d’interrogations sur un capitalisme pris entre mutations et continuité, entre capacité à survivre et mort annoncée. Deux grandes préoccupations le traversent. Il s’agit d’abord (en partant de Marx) de trouver l’équilibre entre énoncé de ses mutations et expression d’une continuité, entre bouleversement perpétuel et constance d’une matrice. En quoi, par exemple, la crise de 1929, bien que non reproductible, est-elle quand même le prisme au travers duquel on peut continuer à lire les crises d’aujourd’hui? Il s’agit ensuite de rejeter tout à la fois l’accablement résigné que suscite la perpétuation du capitalisme et le réflexe pavlovien de l’annonce régulière de sa fin apocalyptique. Il s’agit donc de désigner les écueils entre lesquels ce système navigue, qu’il peut éviter mais contre lesquels il peut aussi bien se fracasser. Que nous révèle, de ce point de vue, la trajectoire du capital, jetée comme un pont suspendu entre la crise de 1929 et celle, en 2001, de la «nouvelle économie»? Telle est la question à laquelle l’ouvrage tente de répondre.
Un premier chapitre est consacré à la crise de 1929. La grande crise est, au premier chef, américaine. Trois tendances de fond animent le capitalisme (à l’homogénéisation, à la différenciation, à l’interconnexion) et elles accroissent toutes trois l’instabilité du système. Comment alors comprendre qu’après la fin de la deuxième guerre mondiale, on n’a pas constaté une succession de crises de plus en plus violentes, mais, au contraire, trente années d’une expansion forte et régulière ? Pour l’expliquer, nous nous tournerons (chapitres 2 et 3) vers la «guerre de 30 ans», celle qui, de 1914 à 1945, a fait se succéder guerres, crises et révolutions. Un quatrième chapitre traitera alors de la mondialisation comme étant celle du salariat et du capital productif. Une mondialisation subreptice, qui n’est pas celle qu’on croit. Désormais, il s’agit de produire partout à la façon capitaliste. La guerre de 30 ans nous apparaît à nouveau comme l’acte fondateur. Dans la foulée, un cinquième chapitre tentera de caractériser la finance actuelle. Un sixième chapitre illustrera en quelque sorte les développements précédents en décortiquant la crise de l’Asie du sud-est de 1997. Le septième chapitre, centré sur la crise américaine de la nouvelle économie (2001), confirmera le propos. La conclusion générale de l’ouvrage s’appuie sur l’ensemble de la trajectoire examinée pour tenter d’éclairer les voies d’un futur incertain. Elle décrit les sentiers escarpés que le système capitaliste est contraint de parcourir, cheminant tel un funambule entre divers abîmes: entre Etat dominant et passage du témoin, entre crises de l’intensivité et crises de l’extensivité, entre étouffement et effondrement.
Article du Monde diplomatique (novembre 2006).