Table des matières
Avant 1939
Française israélite. Une guerre juste et terrible. Au lycée Molière. De profonds clivages sociaux et culturels. Les colonies et la mission civilisatrice de la France. Famille et politique. Les deux grand-pères. Au Palais de Justice. L’Affaire Dreyfus et l’antisémitisme. Un climat malsain.
Première partie Bousculée par juin 40
La drôle de guerre - La famille de Bayonne. La déclaration de guerre. Étudiante à Bordeaux pendant la « drôle de guerre ». - Le choc de la débâcle - Entre débâcle et examens - La déchirure - Allergiques au « Maréchal », suspendues à la BBC. La comédie de Vichy et la propagande anti-anglaise. Mers el-Kebir. La Bataille d’Angleterre. Retour dans Paris occupé. - L’ « ordre nouveau » - Ne pas renier ses ancêtres. L’ « Ordre nouveau » méprisé, détourné, refusé. Un collaborateur, Sacha Guitry. L’hiver 40-41. L’étau se resserre, la rafle du 12 décembre 1941. Judaïsme ou christianisme ? L’étoile jaune. La rafle du Vel d’hiv. Déménagement à la sauvette. La ligne de démarcation. - En zone dite libre - 18 rue Bugeaud, premiers contacts avec la Résistance. Henri Marrou. Le tournant de novembre 1942. Le sabordage de la flotte française. - Attente, Résistance, mûrissement intellectuel - Un bouillonnement intellectuel, catholiques et protestants. Clandestinités. Mort de notre grand-mère. - L’arrestation - Lyon, printemps 44. Au Fort Montluc. - Drancy 3 juillet-17 août 1944 - Le Drancy de Brunner. « Demi-juive » à Drancy. Journal. La déportation du 31 juillet. La lettre de Thérèse Cahen et la question de l’U.G.I.F. Méditations paradoxales. Face à Brunner. Les derniers jours de Drancy. - La Libération de Paris - Jeudi 24 et vendredi 25 août, choses vues. Basculement du monde?
Deuxième partie Dans l’effervescence de l’après-guerre
Subversion de l’histoire - Les crimes nazis et la douleur. L’horreur absolue. Vers l’après-guerre. - Nouveaux repères - Mon patriotisme gaulliste s’effrite. L’ennemi: boche ou nazi ? Paradoxes de ma judéité. Judéité et francité. Une nouvelle culture critique. UPOJ et UPOE — Les communistes. - Conscience chrétienne et communisme - La Fédé dans la France de 1950. Guerre froide et fascination du communisme. La Fédé et le communisme — le congrès de Toulouse. Un mélange d’attirance et de défiance. Le discernement selon Paul Ricœur. Annie Besse, Tito et l’Intelligence Service. Pour et contre l’Appel de Stockholm. -
Troisième partie La décolonisation en toile de fond
Temps multiples et changeants - Temps multiples et changeants. Un certain bonheur retrouvé. Le stage des classes nouvelles à Sèvres. Tourbillon de nouveautés, grandes coupures. Domont - Découverte du colonialisme - Une bonne conscience coloniale. Les protestants et la répression à Madagascar. « La vérité sur le Viet-Nam ». Une information confuse et tronquée. PMF. - L’Algérie. La honte d’être française - « L’Algérie hors la loi ». 1956, l’année terrible. Torture et censure : informer, un devoir, une passion. Henri Alleg, Maurice Audin. - - Quelle « République » ? - Coalitions fascisantes et bruits de couloir. « Vive de Gaulle » ou « Défense de la République » ? À Londres, prise de distance. La troisième république revisitée. - La religion de la Révolution française. Le livre impossible. - L‘Algérie encore et toujours - Spectateurs éloignés. D’une Algérie l’autre. Le « rapatriement ». - -
Quatrième partie Changer l’école ?
Contestations - L’agrégation : stérilité intellectuelle, appauvrissement humain. Blessures de la mère. Libertés de l’enseignante. Chevauchements des programmes de Terminales. - Le foisonnement des années soixante. - Premiers écrits d’un interminable combat. « Pour l’aggiornamento ». Un grand oublié : le Colloque d’Amiens. - Mai 68 au lycée d’Enghien - La parole oubliée des lycéens de 68. Trois semaines de bonheur. Flottement entre rêve et réalité. Vers le désenchantement. La parenthèse se ferme avec le Bac 68. - La réforme n’aura pas lieu - Lendemains de fête. Le mai des historiens en décembre. Fin de récréation. Blocages. - Vitalité et désarrois des années 70 - L’explosion libertaire des cadets. Un présent sans avenir. À Villetaneuse. Avec les étudiants. Recalée par le comité consultatif des universités (CCU). -
Cinquième partie L’engagement politique entre utopie et lucidité
Interrogations et utopies - Les méandres de la Guerre Froide. Regard critique sur l’histoire soviétique. Samizdat et voix des dissidents. Une voie chinoise vers le communisme ? Déscolariser la société - Voyage dans la Chine de Mao juillet 1974 - « Voyage dans un bocal » ? Délices programmées et gestes spontanés. Gens de Chine. Propagande, rêve, réalités ? Méfiance et perplexités. Illusions et inconsciences. Le drame des « jeunes éduqués ». Bilan impossible. - Dix ans au P.S. Maire adjointe à Domont - L’adhésion au P.S. Être rocardienne dans la France de Giscard. Campagnes municipales. La prise de la mairie. Du bon usage du pouvoir municipal. Soutien à la classe sauvage. L’envers des partis. Assemblée plénière et Conseil municipal. Les communistes et la cérémonie des Quatre chênes. Le clash de 1980. - L’immobilisme dans l’alternance - « Le grand service public unifié et laïque ». Lettre de démission. Le retour fracassant de l’élitisme républicain. L’immobilisme sécurisant. -
Sixième partie A la recherche d’une autre histoire
Quelle histoire pour une France plurielle? - L’enseignement de l’histoire à la « une ». Pluriculturelle, multiraciale, une France nouvelle ? L’effet Le Pen. Quelle histoire pour quelle mémoire ? L’immobilisme en histoire aussi. - Autour du mythe national - Histoire ou célébration ? Les dessous de « l’Histoire de France ». Tabous et silences. Intégration, laïcité, foulard « islamique ». Immigration et histoire. L’année du bicentenaire. Mythes nationaux en Europe. Une France plurielle. Clovis. -
Epilogue

Une adolescente issue d’une famille française, israélite, patriote, laïque, est confrontée, après une enfance bourgeoise, au choc imprévisible de l’effondrement de juin 40, marque indélébile sur la suite de son histoire. Récit de son parcours dans la France du 20ème siècle, ce livre n’est pas une autobiographie qui déroulerait les dédales d’une histoire intime. On suit cependant, à travers ses carnets et ses souvenirs, les évolutions de sa personnalité, le mûrissement intellectuel et idéologique de la jeune fille, le traumatisme pour la femme adulte des exactions de l’armée française en Algérie, cautionnées et occultées par les autorités de la République. Elle explique le cheminement qui, sous l’Occupation, l’amène à l’inattendu d’une conversion au protestantisme, l’imprégnation de la foi qui l’accompagne à Drancy et qui la structure intellectuellement dans les débats de l’après-guerre sur le communisme. Mais sa judéité traverse aussi le livre. Exclusivement sociologique dans son enfance, existentielle par la dénégation nazie, culturelle dans la lecture chrétienne de la Bible, elle se transforme après la guerre en mémoire de la persécution, enfouie sous le terreau des passions franco-françaises.