Table des matières
Derrière le mot terrorisme
Le premier affrontement
La prise de quatre villes
La première intermédiation
Une guérilla vieille de trente ans
Le guérillero : bandit et héros
Théologie de la libération et Ligne de masse
Quelques rappels
Le Roi indien et d'autres histoires
Les origines d'une oppression
La première grande insurrection indigène du Chiapas
La voix qui se nomme Marcos
La naissance de l'EZLN
L'EZLN et la société civile
L'offensive gouvernementale de février 1995
L'humanisme zapatiste
La question de l'autonomie indigène
La question de la violence
Une lutte pour la reconnaissance de l'être humain
Une guerre sans nom
Les droits indigènes
Les limites de l'expression démocratique
Le massacre d'Acteal
La réalité de la guerre
La dissolution de la Conai
Après les élections de l'an 2000
Repères
Sigles

L'apparition publique de l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) a contraint, en 1994, le Mexique et le monde à « découvrir » et « re-garder » les Indiens condamnés depuis cinq siècles, depuis la conquête et la colonisation. Les missionnaires Julián de Garcés et Bartolomé de Las Casas s'étaient élevés contre les atrocités commises contre ces peuples. Ceux-ci, après avoir été combattus et évangélisés, soulèveraient aux 17e et 18e siècles l'intérêt du pouvoir pour revaloriser le passé d'un nouveau pays, le revendiquant pour gagner son indépendance. Il n'y a pas de futur, dans le présent, sans passé et ainsi de la spoliation des Indiens de leur culture et de leur patrimoine historique ne subsisteraient officiellement que des aspects folkloriques, seule expression tolérable d'une « résistance implicite », présente dans toutes les régions du pays. Cette faille, existant entre la grandeur culturelle du passé et la misère actuelle des peuples indigènes, n'a nullement empêché le Mexique de célébrer le monde et la culture pré-hispaniques dans les musées et les affiches touristiques, monde pourtant méprisé au quotidien. Carlos Montemayor propose de décrypter le Mexique moderne qui recherche à inclure la différence et l'altérité. Il montre que la lutte de l'EZLN et que le courage et la détermination des Indiens ne concernent pas seulement des héros isolés, tel le sous-commandant Marcos. La guerre non déclarée, dite guerre de basse intensité, vécue par les Indiens du Chiapas et dans d'autres régions du Mexique, n'est pas seulement faite de massacres perpétrés au moyen d'armes achetées à l'Europe et à l'Amérique du Nord, elle se traduit aussi dans le non respect des droits quotidiens. Cependant, une autre dimension majeure hante et englobe ce conflit : le racisme. Le Chiapas ne représente que le point extrême de la discrimination raciale dont souffrent les indigènes.,La rébellion indigène du Chiapas de 1994 et ses répercussions dans la politique intérieure du Mexique ne sont pas un chapitre clos. Ce livre a fini d'être rédigé à Mexico le 7 septembre 1996. Un neuvième chapitre a été rajouté le 6 février 1998 à l'occasion de sa deuxième édition mexicaine. Pour l'édition française, ont été rajoutés deux chapitres qui actualisent les vues de l'auteur surtout depuis l'investiture du nouveau président du Mexique, Vicente Fox, ainsi que des notes et une chronologie des principaux événements de 1992 à 2001.