
Il fallait bien qu’un jour ou l’autre quelqu’un tente de comprendre pourquoi les escargots descendent à l’hôtel. Pourquoi pas des hélicoptères peureux sortant d’auberges de jeunesse misérables ? Parce que l’imagination a tous les droits et ne saurait être pauvre. La poésie, sa meilleure traductrice, ne cherche pas à l’expliquer ; elles n’en ont pas besoin. Le premier recueil de Gilles Petitclerc, animateur de la revue québécoise La Tortue-lièvre, expose une poésie de l’image captée par un « œil-réservoir ». Une image brute, posée là comme une évidence impérieuse, dans la meilleure tradition surréaliste. L’évidence poétique se transforme alors en une eau limpide dont on se plait à subir le courant.