
Témoignage rare d’un militant juif communiste polonais qui dresse le portait des kapos (les détenus qui servaient de relais à la SS) qu’il a rencontrés au cours de son séjour de 3 années à Auschwitz. Peu d’ouvrages ont été consacrés aux « kapos ». Parmi les 5 kapos évoqués dans son livre Charles Liblau trace le portrait d’un « communiste juif », d’un droit commun allemand, d’un Tsigane. Sa description minutieuse de ces hommes, les souvenirs qu’il évoque, les anecdotes qu’il raconte sont aussi le prétexte à une réflexion sur l’homme et l’oppression. Les kapos étaient ces figures troublantes et sinistres dans un système subtilement pervers inventé par les bourreaux qui octroyaient à une partie des déportés des tâches de gestion et de contrôle du camp. Autant que faire se peut, l’auteur aborde les situations épouvantables qu’il relate avec humour, dérision et lucidité. « A mes enfants - devenant maintenant des adultes - […] j’aimerais qu’ils comprennent l’atmosphère de ces temps “hors temps” et, qu’en prenant connaissance d’une poignée de détails de cette sombre époque, ils fassent en sorte qu’elle ne se répète plus. »