La drogue, les drogues : ce vieux problème social, moral, politique,
étudié par les sciences sociales, la médecine ou la biologie est ici abordé
dans une perspective totalement nouvelle. L’auteur renverse d’abord les
perspectives classiques : les drogues ne sont pas interdites, mais contrôlées.
Contrairement à ce que l’on croit, le commerce légal des drogues existe, et il
est bien plus important que le très médiatisé trafic de stupéfiants. Des
organisations internationales dépendant de la SDN puis de l’ONU, des représentants des états et
des industries pharmaceutiques, ont mis en place les structures économiques et
juridiques de ce marché légal des drogues, qui prend la forme d’un véritable
monopole international. L’ouvrage montre que ces hommes et organisations n’ont
jamais cherché à combattre le trafic de drogues. Leur activité principale a
toujours été de construire et de contrôler le marché légal des stupéfiants.
Pourquoi ? Parce que c’est là qu’est l’argent. Le commerce légal fournit les
hôpitaux, médecins et pharmacies. L’industrie pharmaceutique domine les
échanges des matières premières – capsules de pavot et feuilles de coca – et
les systèmes de fabrication et de distribution des produits finis. Les
États-Unis, la
Grande-Bretagne et la France (parfois l’Allemagne et quelques autres)
tirent un énorme profit de ces industries et du quasimonopole qu’ils détiennent
sur le commerce des stupéfiants. Leurs représentants dans les institutions
internationales agissent, en premier lieu et prioritairement, afin de protéger
ces monopoles et de préserver les bénéfices qu’ils produisent. Toutes les idées
reçues sur les politiques de lutte contre le trafic de drogues, sur les
politiques de santé publique sont transformées par la lecture de l’ouvrage.