La guerre et l’oseille

Une lecture de la presse financière française (1938-1945)

Collection "Histoire : enjeux et débats"

Auteur: Ronsin Francis

Parution : septembre 2003
Pages : 284 pages
Format : 150x215
ISBN : 2-84797-003-7


Table des matières

Introduction . Première partie : De janvier 1938 à la défaite

Avant-propos

Chapitre I : De la menace de guerre civile à la dévaluation

Chapitre II : Le sombre été 1938

Chapitre III : L’avant-guerre

Chapitre IV : Septembre-octobre 1939 : « Acheter au son du canon »

Chapitre V : Une santé insolente .

Deuxième partie : Occupation, collaboration, spéculation

Avant-propos

Annexe

Chapitre VI : Pendant la fermeture

Chapitre VII : L’année noire 1941

Chapitre VIII : 1942 : une « hausse de misère »

Annexe

Chapitre IX : Les incertitudes de l’année 1943

Chapitre X : L’invasion (janvier-août 1944)

Chapitre XI : Les épreuves de la victoire

Addenda hors sujet

I : Que sont les amis devenus ?

II : L’oseille libérée

III : Les bonnes surprises des nationalisations

Notes

Présentation

L’indice moyen du cours des actions à la Bourse de Paris est passé de l’indice 100 en 1938 à l’indice 140 en 1940, 308 en 1941, enfin, 540 en 1943. Ces progressions spectaculaires n’ont pas de précédents historiques. L’état de guerre n’est pas en lui-même une explication de ce phénomène : au cours de la première guerre mondiale, ce même indice s’était effrité de 100 en 1913 à 79 en 1915, pour atteindre 113 en 1918. Cette envolée n’a pas non plus d’équivalent dans d’autres pays. Du côté des forces de l’Axe, la hausse était prohibée à Berlin, fortement entravée à Milan. Chez les Alliés, les cours n’ont guère varié, tant à Londres qu’à New York. Il en a été de même dans les pays neutres, tandis que dans les pays soumis à l’occupation allemande, la progression a été jugulée à Amsterdam, forte, mais néanmoins inférieure aux records parisiens à Bruxelles. Comment une telle hausse peut-elle s’expliquer ? L’histoire économique ne s’est, jusqu’ici, guère penchée sur ce phénomène, quand elle ne l’a pas totalement ignoré. Ce livre n’entend pourtant pas combler cette lacune. Son auteur a préféré s’amuser à collectionner les commentaires qu’ont inspiré les mouvements de la Bourse à la presse économique et financière de l’époque, sans chercher à mettre en cause la pertinence de ses affirmations et de ses analyses, mais en se divertissant de l’étroite mesquinerie de ses préoccupations, de ses compromissions serviles et souvent révoltantes, de ses pronostics invariablement erronés… Si ce livre croise l’histoire économique et l’histoire de la presse financière, son objet principal est la mentalité d’une fraction non négligeable de la population française dont les réactions aux événements les plus dramatiques sont dominées par la recherche fiévreuse des possibilités d’enrichissement et la crainte des déchéances patrimoniales que ces événements peuvent entraîner. De récentes tragédies ont confirmé, tant sur les grandes places internationales qu’à la minuscule Bourse de Bagdad, l’extravagance, la cruauté et l’obscénité de la danse nuptiale qui accompagne la mise en ménage de la guerre et de l’oseille.

 





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