 |  | Table des matières Un combat pour l'homme ” : Entretien avec Madame de Bollardière
Présentation : Savoir finir les guerres, Claude Liauzu
On ne parle pas de ces choses-là, Philippe Grand
L'esclavage en héritage, Florence Gauthier
Interrogations sur certaines pratiques de l'armée française en Indochine (1945-1954), Alain Ruscio
René Vautier, un cinéaste de la vérité contre la violence coloniale, Oriane Brun et Magali Jacquemin
Violence coloniale et guerre d'Algérie, Claude et Josette Liauzu
Quand l'Algérie française avait cent ans : police et violence coloniale, Olivier Adass
L'action psychologique et la déshumanisation de l'adversaire, Christine Milleron
La Série brune : racisme anti-arabe et guerre d'Algérie dans le polar français, Gilles Pidard
 Non, les guerres coloniales ne sont pas finies ! Quatre procès concernant celle d'Algérie les rappellent à notre bon souvenir en 2003, dont le procès du général Maurice Schmitt, ancien chef d'état-major des armées entre 1987 et 1991, mis en cause par deux Algériens, anciens militants du FLN, pour son attitude pendant la bataille d'Alger. Ce livre a pour origine la volonté de ne pas s'enfermer dans la répétition indéfinie des guerres de mémoires, dont les protagonistes – au nom de leurs souffrances et sous prétexte de l'honneur de la France – empêchent un travail de mémoire. Or ce travail, désormais possible, est plus que jamais indispensable pour faire reculer les xénophobies et le spectre du conflit de civilisation. Pour clore ce chapitre, il faut cesser des combats d'arrière-garde qui persistent à nier l'évidence. Le but de cet ouvrage est d'expliquer la violence coloniale, d'en rechercher les origines dans les conquêtes, des siècles d'esclavage, le racisme colonial. Quantité de témoignages ont établi la réalité et la gravité de la violence des guerres coloniales, ceux des défenseurs des droits de l'homme dès le début de la guerre, ceux du contingent et de militaires de carrière tels de Bollardière. Récemment, le général Aussaresses et le général Massu ont reconnu les faits. Le quarantième anniversaire de 1962 a vu paraître des dizaines de titres, dont beaucoup de souvenirs d'anciens du contingent, qui ne laissent pas place au doute. Quant à la “ nécessité ” de faire parler pour protéger les civils, Massu lui-même a reconnu sa faiblesse en admettant l'inefficacité de la torture. Enfin, des travaux universitaires, fondés sur l'utilisation de la mémoire et des archives, ont montré à la fois l'ampleur de la torture et ses liens étroits avec le type de guerre menée en Indochine et en Algérie. C'est un préalable. Il ne signifie en rien que la colonisation n'ait été qu'un cortège de crimes. Elle est le passé commun de toutes les sociétés, dominantes ou dominées, qu'elle a impliquées. Cet héritage doit être assumé, partagé.
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