Quand on chantait les colonies

Colonisation et culture populaire de 1830 à nos jours

Collection "Histoire : enjeux et débats"

Auteurs: Liauzu Josette, Liauzu Claude

Parution : juin 2002
Pages : 256 pages
Format : 150x215
ISBN : 2-913165-80-X


Table des matières

Pourquoi la chanson ?

 

Chapitre I

La conquête de l'Algérie : chansons pour et  - chansons contre - La chanson : une chronique politique  - populaire - La colonisation dans la culture populaire  - Héros et conquérants  - Critiques  - Annexes : Abd el-Kader chanté en France - Colmance, Le chant de l'Arabe - Charles Gille, L'Arabe en fuite - Clairville, Abd el Kader - Amédée Thuillier, La grande prise d'Abd el  - Kader

Chapitre II

La chanson et l’impérialisme conquérant  - (1880-1930) - Ralliement progressif à l'impérialisme  - colonial - Éduquer le civilisé, convertir le sauvage  - Annexes : Péripéties africaines  - Béhanzin - Mission Marchand, Fachoda, guerre des  - Boers - Madagascar - La Tunisie et les Kroumirs - Suez

Chapitre III

Une tradition en mineure : la chanson  - anticolonialiste  - Déportés et bagnards  - Hésitations entre anticolonialisme et  - patriotisme  - L'anticolonialisme à l’épreuve du Maroc  - Annexes : Dénonciations  - À Biribi - Du bon sauvage au damné de la terre - La guerre du Maroc

Chapitre IV

L'indigène : comique, exotisme, érotisme  - Le Français est nul en géographie  - Galerie des portraits  - Moukères, mousmés et autres petites  - tonkinoises  - Annexes : Rires et harem  - Aux colonies, on rit - Le harem colonial

Chapitre V

Les colons aussi chantaient  - L'émigration en chansons  - Chansons « algériennes » et conflits  - interethniques  - Annexes : Les liaisons interethniques  - L'amour de la « patrie » algérienne - Conflits entre communautés - Le Chant des Africains

Chapitre VI

Apogée et déclin colonial. - Variations de la chanson autour des années  - 1930  - Commémorations, fastes et gaudrioles  - Le légionnaire, héros fatigué ?  - Où « La petite Tonkinoise » n’est plus celle  - qu'on croyait  - Annexes : De la bonne conscience au doute  - Viens à l’Exposition - Les deux versions de La petite Tonkinoise - Le légionnaire : on est loin de Camerone - Qu'as-tu fait John ?

Chapitre VII

La chanson et les guerres d’Indochine et  - d'Algérie  - L'anticolonialisme et les transformations de la  - chanson  - Le Déserteur et Boris Vian  - Annexes : Chansons contre la guerre  - Le Déserteur - Suez - L'Algérie - Paris, octobre 61

 

Chapitre VIII

De la décolonisation à la mondialisation  - Nostalgérie, airs de Méditerranée et  - mémoires d'Empire  - Chansons engagées : du gauchisme à  - l'humanitarisme, et toujours la femme  - Antiracisme, immigration : - la chanson à l'heure de la mondialisation  - Annexes : Héritages et renouvellements  - L'équivoque de l’héritage - Femmes - Enfances - Racisme, antiracisme

Deuxième génération

Liste des chansons répertoriées

Sources

Archives et censure

Bibliographie

Index

 
Présentation

Au moment où la remontée des mémoires concernant la colonisation prend une importance sans précédent et pose de nombreux problèmes tant politiques que scientifiques, l'étude de la chanson projette un éclairage nouveau sur cette réalité et sur son héritage actuel. Émanation séculaire de la culture populaire, devenue produit de consommation de masse, elle permet de ne pas s'en tenir à une histoire au sommet et d’analyser les mentalités, les représentations. Associant mélodies, paroles et images, elle fournit une riche documentation longtemps injustement négligée. Porteuse des passions politiques, la chanson conteste ou approuve l'expédition d’Alger et la conquête de l'Indochine. Au cours du 19e siècle, la tendance qui l'emporte est un ralliement progressif, de plus en plus affirmé à l’expansion outre-mer. En 1931, l'impact d’une chanson anticolonialiste d'Aragon est dérisoire, face aux gaudrioles qui accompagnent l'Exposition coloniale ou aux solennités commémorant le « Centenaire de l'Algérie ». Mais cette adhésion de l'opinion à la plus Grande France ne constitue pas une culture impériale. La chanson en traduit les étroites limites : nationalisme volontiers chauvin, sentiment de supériorité envers les autres « races », exotisme et érotisme. On est bien loin du fardeau de l'homme blanc. Les silences sont tout aussi intéressants. Sur la guerre d’Algérie, rien ou presque, en dehors du Déserteur de Boris Vian. Tout ne finit donc pas par des chansons. Il est vrai que cette histoire n’est pas close : la nostalgie coloniale est très présente dans le paysage audiovisuel, et, plus intéressant, les enfants et petits-enfants des colonisés d'hier jouent leur propre partition dans les musiques de « toutes les couleurs », de la world music. Couverture de Jacques Tardi  

 

Commentaire

illustration de Jacques Tardi



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