Table des matières
Préface de Darwin à la deuxième édition
Introduction de Darwin
Première partie : La filiation ou l’origine de l’homme
Chapitre I, Ce qui témoigne que l’homme descend de quelque forme inférieure
Chapitre II, Sur le mode de développement de l’homme à partir de quelque forme inférieure
Chapitre III, Comparaison des capacités mentales de l’homme et des animaux inférieurs
Chapitre IV, Comparaison des capacités de l’homme et des animaux inférieurs – suite
Chapitre V, Sur le développement des facultés intellectuelles au cours des temps primitifs et civilisés
Chapitre VI, Sur les affinités et la généalogie de l’homme
Chapitre VII, Sur les races de l’homme
Deuxième partie : La sélection sexuelle
Chapitre VIII, Principes de la sélection sexuelle
Chapitre IX, Caractères sexuels secondaires dans les classes inférieures du règne animal
Chapitre X, Caractères sexuels secondaires des insectes
Chapitre XI, Insectes – suite. Ordre des Lépidoptères (papillons diurnes et nocturnes)
Chapitre XII, Caractères sexuels secondaires des poissons, des amphibiens et des reptiles
Chapitre XIII, Caractères sexuels secondaires des oiseaux
Chapitre XIV, Oiseaux – suite.
Chapitre XV, Oiseaux – suite.
Chapitre XVI, Oiseaux – conclusion.
Chapitre XVII, Caractères sexuels secondaires des mammifères
Chapitre XVIII, Caractères sexuels secondaires des mammifères – suite
Troisième partie : La sélection sexuelle relativement à l’homme, et conclusion
Chapitre XIX, Caractères sexuels de l’homme
Chapitre XX, Caractères sexuels secondaires de l’homme – suite
Chapitre XXI, Résumé général et conclusion
Note supplémentaire sur la sélection sexuelle relativement aux singes
Index

Lorsqu’en 1871, Darwin publie La Filiation de l’homme (The Descent of Man), il s’acquitte d’une obligation de cohérence contractée dès sa première adhésion à l’idée de l’ascendance commune des espèces vivantes : couronner l’illustration de la grande vérité transformiste en montrant la nécessité d’inscrire généalogiquement l’homme au sein de la série animale. Au terme d’une assez longue réserve, affrontant une nouvelle fois les mythes de la création et l’univers dogmatique des croyances, Darwin expose alors une vision strictement naturaliste de l’origine de l’homme et de son devenir.
Au-delà, il s’agit pour lui d’expliquer, par la seule dynamique d’avantages sélectionnés et transmis, l’accession de l’homme à sa position d’éminence évolutive, représentée par l’état de « civilisation », lequel contrarie en son sein le mouvement d’élimination des moins aptes impliqués dans la sélection naturelle, pour y substituer des institutions protectrices, une éducation altruiste et une morale de la bienveillance, du secours et de la sympathie.
Une telle explication ne pouvait s’effectuer sans une théorie des instincts. Si la notion du développement sélectionné des instincts sociaux, profondément unie à celle de l’accroissement des capacités rationnelles, sert à désigner globalement ce à travers quoi l’humanité élabore la civilisation, c’est dans l’analyse fine des instincts procréatifs et parentaux, ainsi que des sentiments affectifs et des comportements qui leur sont associés, que Darwin découvre l’opération d’une autre sélection, détentrice elle aussi d’un grand rôle évolutif : la sélection sexuelle, qui préside dans le monde animal à la rencontre amoureuse, aux rituels et aux choix nuptiaux ainsi qu’à la transmission des caractères sexuels secondaires, et qui complète l’action de la sélection naturelle tout en paraissant parfois lui faire obstacle.
Il ressort de ce livre essentiel que l’anthropologie de Darwin, fruit du strict continuisme évolutif qui l’attache à la zoologie, établit, au lieu d’une recommandation d’élimination que beaucoup ont cru, de ce fait, y être incluse, l’indispensable socle naturaliste d’une généalogie réelle de la morale, et fonde la civilisation sur le renversement progressif et le dépérissement de l’ancienne loi sélective.