Table des matières
Introduction ................................................................................................ 4
Marc Silberstein, Jean-Jacques Kupiec, Olivier Gandrillon
De la nécessité du hasard en biologie
Chapitre 1 ................................................................................................. 19
Thomas Heams
Expression stochastique des gènes et différenciation cellulaire
Chapitre 2 ................................................................................................. 43
Thierry Martin
De la diversité des probabilités
Chapitre 3 ................................................................................................. 59
Antoine Coulon, Guillaume Beslon, François Chatelain, Alexandra Fuchs, Olivier Gandrillon,
Mathieu Gineste, Jean-Jacques Kupiec, Camila Mejia-Perez, Andras Pàldi
Mécanismes moléculaires et fonction biologique de la variabilité de l’expression
génique à l’échelle de la cellule unique : une approche systémique
Chapitre 4 .................................................................................................. 79
Jean Gayon
Déterminisme génétique, déterminisme bernardien, déterminisme laplacien
Chapitre 5 .................................................................................................. 93
Jérôme Glisse, Laurent Le Guillou, Bertrand Laforge, Jean-Jacques Kupiec
Simulation informatique du modèle darwinien de la différenciation cellulaire
Chapitre 6 ....................................................................................... 127
Jean-Pascal Capp
Le rôle de l’expression aléatoire des gènes dans la cancérogenèse
Chapitre 7 ...................................................................................... 153
Francesca Merlin
Pour une interprétation objective des probabilités dans les modèles
stochastiques de l’expression génétique
Index des noms ............................................................................... 185
Les auteurs ..................................................................................... 189

Une révolution se produit actuellement en biologie. Les êtres vivants ne sont pas gouvernés par un programme génétique omnipotent. Il est maintenant clairement démontré que le hasard se niche au cœur des organismes, dans le fonctionnement des gènes et des cellules, et y joue un rôle encore largement sous-exploré. Alors que depuis l’Antiquité, la biologie a toujours été dominée par des théories « déterministes », voire finalistes, les résultats expérimentaux obtenus ces toutes dernières années annoncent un changement de perspective radical. La nouvelle biologie, par son caractère probabiliste, rendra caduque l’idée même de programme et de déterminisme génétique – conception communément qualifiée de thèse du « tout génétique » – forgée à la suite de ce qu’il a été convenu d’appeler le « dogme central de la biologie moléculaire » (Francis Crick, 1958). Mais, cette nouvelle biologie ne doit pas être comprise comme une négation des acquis antérieurs de la biologie moléculaire. Bien au contraire, elle constitue une extension de la conception physico-chimique du vivant. Inévitablement, elle aura également de profondes conséquences philosophiques. En effet, ce n’est pas seulement le finalisme – religieux ou immanent – qui est de facto évacué, mais c’est encore la conception cartésienne de l’animal-machine qui doit être abandonnée. Si l’homme est une machine, il est aussi un homme-aléatoire !
Les principaux aspects, expérimentaux et théoriques, de cette révolution et les débats philosophiques qu’elle suscite sont exposés ici par les meilleurs spécialistes, biologistes et philosophes.
La question passionnante qui s’ouvre alors consiste à comprendre comment, à partir du hasard moléculaire, se construit le vivant.
Jean-Jacques Kupiec est biologiste moléculaire (Centre Cavaillès, ENS Paris) et vient de publier L’origine de l’individu (Fayard, 2008). Guillaume Beslon est bioinformaticien à l’INSA-Lyon. Jean-Pascal Capp est biologiste moléculaire au CNRS, université de Toulouse 3. François Chatelain est chimiste (Cytoo SA). Antoine Coulon est bioinformaticien à l’INSA-Lyon. Alexandra Fuchs est biologiste moléculaire (Cytoo SA). Olivier Gandrillon est biologiste moléculaire à l’université Lyon 1. Jean Gayon est historien et philosophe de la biologie à l’université Paris 1 (IHPST). Mathieu Gineste est biologiste moléculaire à l’université Lyon 1. Jérôme Glisse est bioinformaticien au Laboratoire de physique nucléaire et des hautes énergies, université Paris 6. Thomas Heams est biologiste moléculaire à AgroParisTech. Bertrand Laforge est physicien au Laboratoire de physique nucléaire et des hautes énergies, université Paris 6. Laurent Le Guillou est physicien au Laboratoire de physique nucléaire et des hautes énergies, université Paris 6. Thierry Martin est philosophe à l’université de Besançon et à Paris 1 (IHPST). Camila Mejia-Perez est biologiste à l’université Claude Bernard, Lyon. Francesca Merlin est philosophe de la biologie à l’université Paris 1 (IHPST). Michel Morange est biologiste moléculaire et historien de la biologie à l’ENS Paris, et dirige le Centre Cavaillès de l’ENS. Andras Paldi est généticien au Généthon, Evry. Marc Silberstein dirige la collection « Matériologiques » et participe aux travaux du Centre Cavaillès de l’ENS.
Voir le site du Centre Cavaillès.
Voir le site de l'IHPST.
Voir le site du laboratoire "Bases moléculaires de l'auto-renouvellement et ses altérations".
Voir le site de Bertrand Laforge.
Voir le blog scientifique de Thomas Heams.
Voir une vidéo de Thomas Heams "Qu'est-ce que la vie ?".
Lire la recension de Janine Guespin-Michel parue dans l'Humanité (25 mars 2009).
Ecouter Francesca Merlin à l'Espace Mendes France (Poitiers), Journée "Comprendre et enseigner l'évolution" (11 février 2009).