Table des matières
Préface de Patrick Tort
Avertissement sur la traduction
Introduction de Darwin
CHAPITRE I
Habitudes des vers
Nature des sites habités – Peuvent vivre longtemps sous l’eau – Nocturnes – Vagabondent la nuit – Restent souvent près des orifices de leurs galeries, et sont ainsi éliminés en grand nombre par les oiseaux – Structure – N’ont pas d’yeux, mais peuvent distinguer la lumière de l’obscurité – Se retirent rapidement lorsque soumis à une lumière vive, non par une action réflexe – Capacité d’attention – Sensibles à la chaleur et au froid – Complètement sourds – Sensibles aux vibrations et au toucher – Faible capacité d’odorat – Goût – Qualités mentales – Nature de la nourriture – Omnivores – Digestion – Les feuilles, avant d’être avalées, humectées par un fluide de la nature du suc pancréatique – Digestion extra-stomacale – Glandes calcifères, leur structure – Concrétions calcaires formées dans la paire de glandes antérieure – La matière calcaire tout d’abord excrétion, mais sert secondairement à neutraliser les acides produits durant le processus digestif
CHAPITRE II
Habitudes des vers – suite
Manière dont les vers saisissent les objets – Leur pouvoir de succion – L’instinct d’obturer les orifices de leurs galeries – Pierres empilées par-dessus les galeries – Les avantages ainsi obtenus – Intelligence dont font preuve les vers dans leur manière d’obturer leurs galeries – Diverses sortes de feuilles et autres objets ainsi utilisés – Triangles de papier – Résumé des raisons qu’il y a de croire que les vers font preuve d’une certaine intelligence – Moyen par lequel ils excavent leurs galeries, en repoussant la terre et en l’avalant – Terre également avalée pour les matières nutritives qu’elle contient – Profondeur à laquelle les vers creusent, et construction de leurs galeries – Galeries tapissées de déjections, et de feuilles dans la partie supérieure – La partie inférieure pavée de petites pierres ou graines – Manière dont les déjections sont rejetées – L’effondrement des anciennes galeries – Répartition des vers – Déjections turriformes au Bengale – Déjections gigantesques sur les monts Nilgiri – Déjections rejetées dans tous les pays
CHAPITRE III
La quantité de terre fine remontée par les vers à la surface
Vitesse à laquelle divers objets jonchant la surface des prés sont recouverts par les déjections des vers – L’enfouissement d’un chemin pavé – La lente subsidence de grandes pierres abandonnées à la surface – Le nombre des vers qui vivent à l’intérieur d’un espace donné – Le poids de terre rejeté d’une galerie, et de toutes les galeries à l’intérieur d’un espace donné – L’épaisseur de la couche de terre que les déjections formeraient sur un espace donné et en un temps donné si elles étaient uniformément étalées – La faible vitesse à laquelle la terre peut parvenir à une grande épaisseur – Conclusion
CHAPITRE IV
Le rôle que les vers ont joué dans l’enfouissement d’anciens édifices
L’accumulation de décombres sur les sites des grandes villes, indépendante de l’action des vers – L’enfouissement d’une villa romaine à Abinger – Les parterres et les murs pénétrés par les vers – Subsidence d’un pavage moderne – Le pavage enfoui de l’abbaye de Beaulieu – Villas romaines à Chedworth et Brading – Les restes de la ville romaine à Silchester – La nature des débris dont les restes sont recouverts – La pénétration par les vers des parterres en mosaïque et des murs – Subsidence des parterres – Épaisseur de la terre – La vieille cité romaine de Wroxeter – Épaisseur de la terre – Profondeur des fondations de certains des édifices – Conclusion
CHAPITRE V
L’action des vers dans la dénudation du terrain
Témoignages de l’ampleur de la dénudation subie par le terrain – Dénudation subaérienne – Le dépôt de poussière –Terre végétale, sa couleur sombre et sa fine texture largement dues à l’action des vers – La désintégration des roches par les acides de l’humus – Acides similaires apparemment produits à l’intérieur du corps des vers – L’action de ces acides facilitée par le mouvement continuel des particules de terre – Un lit épais de terre s’oppose à la désintégration des roches et du sol sous-jacents – Particules de pierre usées ou triturées dans le gésier des vers – Les pierres avalées servent de meules – L’état pulvérisé des déjections – Fragments de brique bien arrondis dans les déjections rejetées au-dessus d’édifices anciens. La capacité de trituration des vers n’est pas tout à fait insignifiante d’un point de vue géologique
CHAPITRE VI
La dénudation du terrain – suite
Dénudation aidée par les déjections récemment expulsées s’écoulant sur des surfaces inclinées couvertes d’herbe – La quantité de terre qui s’écoule ainsi annuellement – L’effet de la pluie tropicale sur les déjections de vers – Les particules de terre les plus fines complètement enlevées aux déjections par lessivage – La désintégration des déjections séchées en boulettes, qui dévalent le long des surfaces inclinées – La formation de petits rebords sur les flancs des collines, due en partie à l’accumulation des déjections désintégrées – Déjections balayées par le vent sur un terrain plat – Tentative d’estimation de la masse ainsi balayée – La dégradation des anciens campements et tumulus – La conservation des crêtes et des sillons sur un terrain anciennement labouré – La formation et la masse de la terre végétale recouvrant la formation de la Craie
CHAPITRE VII
Conclusion
Résumé du rôle que les vers ont joué dans l’histoire du monde – Leur contribution à la désintégration des roches – À la dénudation du terrain – À la conservation de restes anciens – À la préparation du sol pour la croissance des plantes – Capacités mentales des vers – Conclusion
Annexes
Sur la formation de la terre végétale
Sur l’origine de la terre végétale .
La formation de la terre végétale par les vers
Index

En octobre 1881, à peine plus de quatre mois avant sa disparition, Darwin publie son dernier livre, La Formation de la terre végétale par l’action des vers, avec des observations sur leurs habitudes. Chose étonnante, le succès de l’ouvrage, porté peut-être par l’actualité des questions d’agriculture, dépasse, pour les trois premières années, celui de L’Origine des espèces. Mettant en lumière l’action cruciale des vers de terre dans la formation, l’équilibre chimique, la biologie et le modelage des sols, Darwin expérimente parallèlement sur les capacités mentales de ces Annélides que l’on crédite ordinairement de si faibles facultés. Renouant avec son intérêt profond pour la géologie et la conscience qu’elle donne des effets à long terme de micro-actions accumulées, Darwin écrit ainsi, à la fois, un livre sur le temps, un ouvrage d’écologie sur l’interaction dynamique des processus physico-chimiques et biologiques, un traité d’éthologie sur les rapports de l’intelligence et de l’instinct, et une méditation matérialiste sur la mort.
En complément de lecture, à visiter le site de l'Association pour les études matérialistes (Assomat)