Table des matières
Avant-propos
Patriarcat et capitalisme
Mode de production domestique et patriarcat
Épistémologie et méthode, matérialisme
Du concept de classe au concept de genre
L’ennemi principal
Rapports de production dans lesquels entrent les femmes
Perspectives politiques
Travail ménager ou travail domestique ?
Famille et consommation
La transmission héréditaire
Hérédité et constitution interne des classes
Mariage et divorce
Les femmes dans les études de stratification
Nos amis et nous. Fondements cachés de quelques discours
pseudo-féministes
Le néosexisme ou le féminisme masculin
La haine de soi comme fondement du gauchisme féminin
Protoféminisme et antiféminisme
De l’idéalisme…
… à l’idéologie
La re-valorisation des règles
Le travail domestique ou l’oppression matérielle
Protoféminisme ou antiféminisme ?
Post-scriptum
Capitalisme, patriarcat et lutte des femmes
Pour un féminisme matérialiste
Qu’est-ce alors que le féminisme ?
Féminisme et matérialisme
Matérialisme et « interdisciplinarité »
« Disciplinarité » et idéologie
De l’illusion qu’on peut abstraire des concepts « techniques »
de leur contexte réactionnaire
Pensée matérialiste et situation politique de qui pense
Un exemple
Connaissance et lutte
Conclusion
Bibliographie

Après Économie politique du patriarcat (1998), il s'agit du
second tome de L'Ennemi principal. L'auteure nous présente la suite de
son analyse matérialiste de la société, une analyse en termes de
rapports sociaux et donc politiques, fondamentale pour la compréhension
de toutes les oppressions, fondamentale à tout projet d'émancipation :
« J'étudie l'oppression des femmes. Mais l'oppression des femmes est
spécifique non pas parce que les femmes seraient spécifiques,
mais parce que c'est un type d'oppression unique. Mais est-il unique
qu'une oppression soit unique ? Non, c'est banal : toutes les
oppressions sont uniques, comme les individus. La singularité est ce
qu'il y a de mieux partagé au monde. Ceci ne signifie pas que cette
singularité soit obtenue par des mécanismes totalement originaux. Or
c'est le sophisme courant : puisqu'elle (cette personne, cette
oppression, cette chose) est spécifique, elle ne doit ressembler à
aucune autre. Au contraire, je considère l'oppression des femmes comme
un cas particulier du phénomène général de la domination - pas plus
particulier qu'un autre cependant. Le but d'une lutte politique, c'est
de permettre aux personnes l'exercice de la singularité. En revanche,
le but d'une analyse scientifique de l'oppression, comme de tous les
phénomènes, ce n'est pas de célébrer - ou de se lamenter sur - la
singularité de chaque individu, que cet individu soit fleur, personne,
événement historique ou mécanisme social, mais (comme je l'ai écrit
dans l'Avant-propos) de le découper en morceaux (qu'il s'agisse de
feuilles, de jambes, de molécules, d'institutions, de procédures,
etc.), comparables aux morceaux d'autres individus (fleurs, animaux,
cellules, systèmes sociaux ; toutes ces entités ainsi que les entités
qui les composent sont, à un point ou à un autre de l'analyse, des
individus). Sinon, chaque phénomène reste enfermé dans sa spécificité
phénoménale. Pourquoi pas ? dira-t-on. Cela suffit à beaucoup de
démarches, c'est peut-être indispensable à certaines, mais c'est
incompatible avec l'idée d'une connaissance scientifique du monde. »
Extrait de l'avant-propos
Lire la recension de Fabrice Bourlez (24 mars 2009) sur nonfiction.fr
à visiter
http://delphysyllepse.wordpress.com/