Table des matières
Avant-propos
« C’est le plus grand des voleurs, oui mais c’est un Gentleman »
Christine Delphy
« Affaire DSK » : l’impensable viol
Clémentine Autain
Bienvenue chez les « pas nous, pas nous »
Sabine Lambert
Le sexisme ? Pas de ça chez nous !
Rokhaya Diallo
Une « affaire de jupons » : le traitement médiatique de l’affaire DSK de 2008
Sylvie Tissot
Ce qu’Anne Sinclair fait au féminisme
Sophie Courval
L’affaire Strauss-Kahn, une avancée pour la cause féministe ?
Joan W. Scott
Hommes/femmes : des rapports opposés entre les États-Unis et la France
Claire Levenson
Qui montre son vrai visage ? Du voile intégral à l’affaire DSK
Les TumulTueuses
Violeur au-delà du périph’, séducteur en deçà
Najate Zouggari
Violences faites aux femmes : la volonté de ne pas savoir
Christelle Hamel
Le machisme ultraviolent au quotidien
Michelle Guerci
Cher camarade
Mademoiselle
Comment les notables sexistes creusent le retard français
Natacha Henry
Ma réponse aux défenseurs trop zélés de DSK
Titiou Lecoq
Le respect des femmes doit prévaloir
Gisèle Halimi
Les informulés d’une rhétorique sexiste
Mona Chollet
Si on ne peut plus violer tranquillement les femmes de chambres
Béatrice Gamba, Emmanuelle Piet
La morale de ces morales
Mademoiselle
Les femmes de ménage des hôtels brisent le silence sur les agressions
Jenny Brown
Comment les victimes deviennent les coupables, ou le traitement médiatique des violences faites aux femmes
Marie Papin
Qui accuse qui ? Préjugés et réalités dans l’affaire Strauss-Kahn
Christine Delphy
Non au procès du féminisme
Clémentine Autain, Audrey Pulvar

Ce livre s’adresse à un large public, celui qui a suivi l’« affaire DSK ». Son sujet n’est pas l’affaire judiciaire (qui ne fait que commencer). Il ne traite pas non plus des agressions sexuelles. Son sujet est le sexisme comme idéologie rationalisant les atteintes aux droits des femmes. Il analyse les réactions à l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York le 14 mai 2011, puis à son inculpation. Ces réactions, qui ont été majoritairement celles de ses amis politiques, révèlent en fait l’attitude de la majorité des hommes politiques et journalistes français. Ceux-ci ont commencé par déclarer qu’il ne pouvait en aucun cas être coupable des faits qui lui sont reprochés, parce qu’il en serait incapable. Ils ont exprimé une incrédulité totale quant à la possibilité même du crime et ont comparé la situation faite à DSK à un véritable calvaire. La possibilité même du crime a été déniée : soit parce que l’accusation du procureur était fausse – ce qui revenait à dire que la femme de chambre qui l’avait dénoncé mentait –, soit parce qu’aux USA on confond sexualité et crime.
Son inculpation a été présentée comme l’effet du puritanisme qui refuse tout ce qui est sexuel. La contrainte impliquée par le viol a été niée, euphémisée ou minimisée. Politiques et journalistes ont fait passer le caractère sexuel des faits reprochés à DSK dans la case de la « vie privée », qui ne regarde pas la justice, des « moeurs » et des choix personnels qui ne regardent pas la loi. Les féministes auteures de ce livre mettent en cause ces propos qui assimilent le viol à la vie privée, au libertinage, à la liberté sexuelle. Elles affirment que la présomption de véracité de la victime « présumée » doit être tout autant préservée que la « présomption d’innocence » du suspect. Que le viol existe, et que le consentement des deux parties n’est pas un ornement dont on peut se passer, une cerise sur le gâteau, mais la ligne de partage entre un acte licite et un acte criminel.
Enfin, les auteures se demandent si ces propos ne révèlent pas un refus, de la part de la société française, de la loi française, pour laquelle cette ligne de partage est aussi fondamentale que pour la loi états-unienne.
A VOIR ET A ENTENDRE :
http://www.youtube.com/watch?v=rsQV6RR3lkY