Table des matières
Préface de Pierre Arnaud
Introduction
Syndicalisme et éducation physique
Un militantisme corporatif
Un militantisme pédagogique
Un militantisme politique
Une problématique centrale
Questions de méthodes
Un sujet polémique
Première partie
Des amicales aux syndicats. Un militantisme qui s’organise (1880-1944)
Chapitre 1. De la naissance de l’éducation physique à celle de son syndicalisme. Émergence et affirmation d’un militantisme corporatif (1880-1926)
La décennie 1880 : l’apparition du militantisme corporatif en éducation physique
Fin de siècle : vers le cours supérieur d’éducation physique de l’Université
Le temps de l’Amicale des anciens élèves du cours supérieur, entre amicalisme et syndicalisme (1906-1912)
Paul Fischer et la radicalisation du mouvement
Raymond Courtmontagne, vers le premier syndicat des professeurs d’éducation physique
De l’UPGF au syndicat
Chapitre 2. Jeunesse du syndicalisme en éducation physique. Les intérêts corporatifs au centre (1926-2944)
Représentativité et représentation, le syndicat doit s’imposer
Les intérêts coproratifs, une intensification de l’action dans la continuité des amicales
Les intérêts «disciplinaires», pour la reconnaissance de l’éducation physique
L’action pédagogique, au service des intérêts professionnels
La guerre et le gouvernement de Vichy, un coup d’arrêt à la dynamique syndicale
Conclusion
Deuxième partie
L’ère «autonome». Un militantisme qui se renforce (1944-1969)
Chapitre 3. Le syndicalisme des professeurs d’éducation physique sous la 4e République. Des évolutions internes face à des luttes frappées d’immobilismes (1944-1958)
La réorganisation de l’éducation physique et de son syndicalisme
La lutte revendicative, treize années d’immobilisme
Les luttes de tendance, entre divergences politiques et pédagogiques
Un immobilisme qui prépare le changement
Chapitre 4. Des «années Herzog» au changement de majorité syndicale. La place déterminante du débat pédagogique (1958-1969)
Les débuts de la 5e République, l’accélération de l’histoire
1958-1963, des années qui tardent à venir
1963-1967, le renforcement du militantisme pédagogique
La tendance «unitaire», au cœur de la sportivisation de l’éducation physique
Vers le changement de direction syndicale
Sortir de l’ornière pour entrer de la crise
Conclusion
Cahier photos
Troisième partie
Les luttes syndicales sous « Unité et Action ». Un militantisme qui s’impose (1969-2002)
Chapitre 5. La crise de l’éducation physique et l’âge d’or de son syndicalisme (1969-1981)
Une nouvelle orientation syndicale tournée vers la lutte
Une corporation en lutte contre le pouvoir
L’effervescence pédagogique, à la recherche de la spécificité scolaire de l’éducation -physique
Une décennie militante
Chapitre 6. La reconnaissance de l’éducation physique et sportive dans la crise du syndicalisme. Fin des luttes ou nouveau militantisme,? (1981-2002)
Une nouvelle donne : de la crise de l’éducation physique à celle de son syndicalisme ?
La lutte corporative, avant tout conserver les « acquis »
Le militantisme pédagogique, le SNEP au premier plan de l’évolution de la discipline
Rentrée 2002: aboutissement de la reconnaissance de l’éducation physique ?
Conclusion
Conclusion générale
Annexes
Enquête réalisée auprès des enseignants d’EPS
Tendances syndicales et courants pédagogiques
Liste des sigles
Bibliographie

Véritables parias du système éducatifs à leurs débuts, longtemps méprisés, les professeurs d’éducation physique et sportive (EPS) sont encore aujourd’hui, bien souvent, stigmatisés. De cette mise à l’écart, subie mais également provoquée, ils ont fait une force, le ciment d’un militantisme particulièrement actif. Regroupés en une union corporative dès 1884, bousculant un temps l’absence du droit syndical pour les fonctionnaires, ils s’unissent dès 1926 en un syndicat strictement spécifique à leur discipline. Cette originalité au sein du syndicalisme enseignant a, depuis, persisté. Elle fait aujourd’hui du Syndicat national de l’éducation physique (SNEP), membre fondateur de la Fédération syndicale unitaire (FSU), une organisation très représentative.
L’auteur livre ici le résultat de plusieurs années de recherches menées dans le cadre d’un doctorat en sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS). Il étudie les différents terrains de luttes investis par les professeurs d’EPS dans l’espoir de faire reconnaître leur discipline, non seulement comme une composante indispensable de l’Éducation, mais également comme un authentique enseignement porteur de savoirs. L’auteur en vient ainsi à mettre en relation les militantismes corporatifs, pédagogiques et politiques, et défend une thèse : le mouvement syndical, en étant, sur plus de cent vingt ans, le point de convergence des acteurs de l’ensemble du champ, est la clef de voûte de l’histoire de la discipline.
Dans la première partie, l’auteur couvre une période qui débute en 1880, « année de naissance » de l’éducation physique scolaire obligatoire, et se clôture en 1944, avec la Libération. Il montre comment la situation faite aux professeurs les pousse à organiser leur défense, d’abord sous la forme d’amicales, puis d’un syndicat. Véritables « prolétaires » de l’enseignement, ils estiment que la considération de leur discipline ne peut s’améliorer sans que leur statut et leur formation ne soient profondément améliorés. Le militantisme corporatif est donc premier, mais après guerre, l’action syndicale va largement déborder de ce cadre.
Alors que l’Éducation physique sort progressivement de l’ornière, l’auteur met en lumière l’importance que prennent les débats pédagogiques et politiques. La corporation et le mouvement syndical sont dès lors divisés. Entre les courants pédagogiques et les tendances syndicales qui s’affrontent, des relations se nouent. Des « réseaux » apparaissent, dont la cohérence est révélée, avec force, par les conceptions politiques. L’auteur se penche alors sur le « réseau du sport éducatif » qui regroupe, notamment à travers la culture et la philosophie marxiste, les militants d’une pédagogie résolument sportive.
La troisième partie montre comment le syndicat devient un contre-pouvoir puissant face aux orientations libérales, il est également un lieu de pouvoir et de propositions, notamment au plan pédagogique. Ainsi, les trois formes de militantismes étudiés entrent en résonance. À la rentrée 2002, l’éducation physique est dotée de la quasi-totalité des signes faisant d’elle une discipline d’enseignement à part entière. Cependant, l’auteur s’interroge. L’année 2002 sera-t-elle, rétrospectivement, une étape de plus de la progression de la reconnaissance de cette discipline, ou le point culminant avant sa chute ? Face au libéralisme et au démantèlement des services publics, l’éducation physique est bel et bien en mauvaise posture.