Une histoire syndicale de l’Éducation physique (1880-2002)

Collection "Nouveaux Regards"

Auteur: Véziers Guilhem

Parution : avril 2007
Pages : 380 pages
Format : 165 x 230
ISBN : 2-84950-113-1


Table des matières

Préface de Pierre Arnaud

Introduction

Syndicalisme et éducation physique

Un militantisme corporatif

Un militantisme pédagogique

Un militantisme politique

Une problématique centrale

Questions de méthodes

Un sujet polémique

Première partie

Des amicales aux syndicats. Un militantisme qui s’organise (1880-1944)

Chapitre 1. De la naissance de l’éducation physique à celle de son syndicalisme. Émergence et affirmation d’un militantisme corporatif (1880-1926)

La décennie 1880 : l’apparition du militantisme corporatif en éducation physique

Fin de siècle : vers le cours supérieur d’éducation physique de l’Université

Le temps de l’Amicale des anciens élèves du cours supérieur, entre amicalisme et syndicalisme (1906-1912)

Paul Fischer et la radicalisation du mouvement

Raymond Courtmontagne, vers le premier syndicat des professeurs d’éducation physique

De l’UPGF au syndicat

Chapitre 2. Jeunesse du syndicalisme en éducation physique. Les intérêts corporatifs au centre (1926-2944)

Représentativité et représentation, le syndicat doit s’imposer

Les intérêts coproratifs, une intensification de l’action dans la continuité des amicales

Les intérêts «disciplinaires», pour la reconnaissance de l’éducation physique

L’action pédagogique, au service des intérêts professionnels

La guerre et le gouvernement de Vichy, un coup d’arrêt à la dynamique syndicale

Conclusion

Deuxième partie

L’ère «autonome». Un militantisme qui se renforce (1944-1969)

Chapitre 3. Le syndicalisme des professeurs d’éducation physique sous la 4e République. Des évolutions internes face à des luttes frappées d’immobilismes (1944-1958)   

La réorganisation de l’éducation physique et de son syndicalisme

La lutte revendicative, treize années d’immobilisme

Les luttes de tendance, entre divergences politiques et pédagogiques

Un immobilisme qui prépare le changement

Chapitre 4. Des «années Herzog» au changement de majorité syndicale. La place déterminante du débat pédagogique (1958-1969)

Les débuts de la 5e République, l’accélération de l’histoire

1958-1963, des années qui tardent à venir

1963-1967, le renforcement du militantisme pédagogique

La tendance «unitaire», au cœur de la sportivisation de l’éducation physique

Vers le changement de direction syndicale

Sortir de l’ornière pour entrer de la crise

Conclusion

Cahier photos

Troisième partie

Les luttes syndicales sous « Unité et Action ». Un militantisme qui s’impose (1969-2002)

Chapitre 5. La crise de l’éducation physique et l’âge d’or de son syndicalisme (1969-1981)  

Une nouvelle orientation syndicale tournée vers la lutte

Une corporation en lutte contre le pouvoir

L’effervescence pédagogique, à la recherche de la spécificité scolaire de l’éducation -physique

Une décennie militante

Chapitre 6. La reconnaissance de l’éducation physique et sportive dans la crise du syndicalisme. Fin des luttes ou nouveau militantisme,? (1981-2002)

Une nouvelle donne : de la crise de l’éducation physique à celle de son syndicalisme ?

La lutte corporative, avant tout conserver les « acquis »

Le militantisme pédagogique, le SNEP au premier plan de l’évolution de la discipline

Rentrée 2002: aboutissement de la reconnaissance de l’éducation physique ?

Conclusion

Conclusion générale

Annexes

Enquête réalisée auprès des enseignants d’EPS

Tendances syndicales et courants pédagogiques

Liste des sigles

Bibliographie

Présentation

Véritables parias du système éducatifs à leurs débuts, longtemps méprisés, les professeurs d’éducation physique et sportive (EPS) sont encore aujourd’hui, bien souvent, stigmatisés. De cette mise à l’écart, subie mais également provoquée, ils ont fait une force, le ciment d’un militantisme particulièrement actif. Regroupés en une union corporative dès 1884, bousculant un temps l’absence du droit syndical pour les fonctionnaires, ils s’unissent dès 1926 en un syndicat strictement spécifique à leur discipline. Cette originalité au sein du syndicalisme enseignant a, depuis, persisté. Elle fait aujourd’hui du Syndicat national de l’éducation physique (SNEP), membre fondateur de la Fédération syndicale unitaire (FSU), une organisation très représentative.
L’auteur livre ici le résultat de plusieurs années de recherches menées dans le cadre d’un doctorat en sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS). Il étudie les différents terrains de luttes investis par les professeurs d’EPS dans l’espoir de faire reconnaître leur discipline, non seulement comme une composante indispensable de l’Éducation, mais également comme un authentique enseignement porteur de savoirs. L’auteur en vient ainsi à mettre en relation les militantismes corporatifs, pédagogiques et politiques, et défend une thèse : le mouvement syndical, en étant, sur plus de cent vingt ans, le point de convergence des acteurs de l’ensemble du champ, est la clef de voûte de l’histoire de la discipline.
Dans la première partie, l’auteur couvre une période qui débute en 1880, « année de naissance » de l’éducation physique scolaire obligatoire, et se clôture en 1944, avec la Libération. Il montre comment la situation faite aux professeurs les pousse à organiser leur défense, d’abord sous la forme d’amicales, puis d’un syndicat. Véritables « prolétaires » de l’enseignement, ils estiment que la considération de leur discipline ne peut s’améliorer sans que leur statut et leur formation ne soient profondément améliorés. Le militantisme corporatif est donc premier, mais après guerre, l’action syndicale va largement déborder de ce cadre.
Alors que l’Éducation physique sort progressivement de l’ornière, l’auteur met en lumière l’importance que prennent les débats pédagogiques et politiques. La corporation et le mouvement syndical sont dès lors divisés. Entre les courants pédagogiques et les tendances syndicales qui s’affrontent, des relations se nouent. Des « réseaux » apparaissent, dont la cohérence est révélée, avec force, par les conceptions politiques. L’auteur se penche alors sur le « réseau du sport éducatif » qui regroupe, notamment à travers la culture et la philosophie marxiste, les militants d’une pédagogie résolument sportive.
La troisième partie montre comment le syndicat devient un contre-pouvoir puissant face aux orientations libérales, il est également un lieu de pouvoir et de propositions, notamment au plan pédagogique. Ainsi, les trois formes de militantismes étudiés entrent en résonance. À la rentrée 2002, l’éducation physique est dotée de la quasi-totalité des signes faisant d’elle une discipline d’enseignement à part entière. Cependant, l’auteur s’interroge. L’année 2002 sera-t-elle, rétrospectivement, une étape de plus de la progression de la reconnaissance de cette discipline, ou le point culminant avant sa chute ? Face au libéralisme et au démantèlement des services publics, l’éducation physique est bel et bien en mauvaise posture.

Commentaire

Préface de Pierre Arnaud, professeur émérite de l’Université Lyon 1.




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