Table des matières
Avant-propos
Une culture scolaire en crise ?
A quoi sert l’éducation ?
La culture en question
Place des savoirs dans la société contemporaine
Les conceptions du savoir qui s’affrontent
Quelles critiques peut-on faire de l’état actuel de la culture scolaire ?
Qui doit décider ?
Vers une nouvelle conception de la culture commune
Un tel projet nécessite de remplir des conditions
Annexes
Encadrés
La question des résultats et de l’échec scolaire
Morceaux choisis
Pratiques culturelles
Compétences-clés pour l’apprentissage tout au long de la vie
Cadre européen de référence novembre
Du plus simple au plus compliqué ?
Les représentations des élèves
Extraits du rapport de Dominique Lecourt
sur l’enseignement de la philosophie des sciences (2000)
L’exemple des mathématiques
Culture technique

Se parant des vertus de la lutte contre l’échec scolaire, tout en programmant explicitement l’exclusion précoce d’une partie des élèves en difficulté, les récentes décisions découlant de la loi Fillon recentrent l’objectif principal de l’École obligatoire sur un « socle de base » et des « compétences clés ». Ce recentrage rompt le lien étroit qui a toujours uni l’École et la culture et atrophie singulièrement l’éducation pour tous. Le moins de savoir se transformerait magiquement en amélioration. C’est oublier que l’École doit former des personnes libres et épanouies, capables de se mouvoir et d’agir dans des sociétés de plus en plus complexes. Les « compétences clés » livrent la vision d’un individu sans corps, entièrement mobilisé par son efficacité individuelle et soumis à son activité économique, ayant abdiqué esprit critique, faculté d’indignation et de création. Ce livre en dénonce le leurre et en prévoit le caractère éminemment régressif et ségrégatif. Mais il propose surtout une réflexion, puisée dans l’expérience enseignante et dans la recherche, sur ce que pourraient être les grandes lignes d’une nouvelle culture commune à tous les élèves, échappant à la tentation de l’adaptation condescendante aux élèves de milieu populaire comme à la simple reproduction de la culture des élites. Il ne propose rien moins que de faire gagner chacun en humanité, en capacité de s’ouvrir aux cultures et aux problèmes du monde, de stimuler pour tous le désir de savoir et de faire. Contribution modeste et ambitieuse à un projet qui renouerait avec l’idée qu’une grande part des progrès de la société repose sur l’excellence de l’École publique.