Table des matières
L'école de la République diabolisée
a - L' extrême-droite et l'école : le monstre, le diable et le communiste L'extrême-droite « fait du super Philippe Némo » - L'attentatoire Révolutionfrançaise, Jules Ferry lefuneste, Langevin et Wallon, les communistes, Alain Savary, le soviet L' extrême-droite contemporaine fait fond sur l'école de la Cinquième République en dénonçant une école tout à la fois brutale et impuissante. Le monstre, le diable et le communiste sont toujours au rendez-vous du discrédit.
b -Petits détours par l'histoire n° 1: les invectives
L'école de la Troisième République: le « monstre aux cent gueules » - L'école unique d'Edouard Herriot: la « trouvaille diabolique » - Le collège de René Haby : le « collège des soviet » « Dinosaure », « mammouth », « Moloch », dit l'extrême-droite en parlant de l'école actuelle ? « Monstre aux cent gueules » ! disait déjà celle du 19ème siècle, horrifiée des lois Ferrystes. Dans les années Trente, l'école unique et la gratuité du secondaire d'Edouard Herriot seront affublés de « trouvaille diabolique soviéto-maçonnique ». Quant au collège unique de René Habyen 1975, la « nouvelle droite » et ses adeptes n'y verra rien d'autre que le « Collège des soviets » et la montée du « totalitarisme ».
L'école de la République rabaissée
a - L' extrême-droite et l'école : le désastre, encore
Laxisme moral- génocide culturel - SIDA éducatif - perversité sexuelle Pour le Front national et le Mouvement national républicain l'actuelle école n'est que décadence, amoralisme, « méculture », pornographie et pédophilie. Par dessus tout l'illettrisme serait la forme le plus aboutie et la plus dramatique de cet échec total de l'école contemporaine.
b - Petit détours par l'histoire no 2 : le désastre, déjà
Le désastre des lettrés de 1880 : assassins, voleurs et prostituées - Le désastre des années 30 : déclassés et déracinés - Le désastre années 1970 : illettrés et analphabètes Les adversaires l'école de la République ont toujours crié « décadence! ». Monarchistes revanchards, bonapartistes nostalgiques et catholiques intransigeants ont fait cette guerre-Ià à Jules Ferry : celle du gravissime péril des « Lettres ». Plus tard, les réformes de l'entre-deux- guerres de Ferdinand Buisson et d'Edouard Herriot ont fait hurlé aux ratés, aux déclassés, aux déracinés. Celles des années 1980-2000 crie aux loups contre les fameux « illettrés » et la baisse du niveau scolaire du collège unique.
L'école de la République sanctionnée
a - L' extrême-droite et l'école : les sanctions du futur
Abolir le collège unique, supprimer les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), les zones d'éducation prioritaire (ZEF), l'Institut national de la recherche pédagogique (INRP) - Se débarrasser des « lubies idéologiques » Les programmes de Le Pen et de Mégret mettent en avant une politique de sanction et d'abrogation des mesures scolaires

Ce livre se veut une contribution à une analyse des rapports que l'extrême-droite entretient avec l'actuelle école de la République. Souvent diabolisées, ces formations politiques sont très peu analysées. Or, en se plaçant au premier tour de l'élection présidentielle de 2002, ces mouvances ont confirmé, amplifié et ancré des positions idéologiques et politiques conquises depuis deux décennies sur la scène publique française. De simples stigmatisations ne suffisent pas pour prendre en compte leurs considérations théoriques et pratiques sur la société française. Il faut des analyses. Ce livre analyse les rapports que ces mouvances entretiennent avec l'école. Car, l'extrême-droite - on le sait peu - dit beaucoup de choses sur le sujet et veut agir dans ce domaine. Autant la littérature livresque, journalistique que les programmes de Jean- Marie Le Pen ou de Bruno Mégret attestent d'un militantisme bien renseigné et volontaire sur le sujet. Ce faisant l' extrême-droite reste néanmoins fidèle à son passé et à son histoire. Car elle a une histoire dans le domaine de l'école. De la Troisième à la Cinquième, elle a mené de vigoureux combats contre l'école de la République. Les « petits détours par l'histoire » permettent de mieux connaître des formations politiques qui ont toujours été haineuses dans leurs propos, réactionnaires dans leurs valeurs, autoritaires dans leurs actes.