Table des matières
Avant-propos de Antoine Artous
Et si on arrêtait tout ?
« Les sauts ! Les sauts ! Les sauts ! » : Lénine et la
politique
Stratégie et politique : de Marx à la 3e Internationale
Front unique et hégémonie
Temps historiques et rythmes politiques
Les dépossédés. Marx dans la lutte anticapitaliste
d’aujourd’hui et de demain, Entretien avec Louis-Philippe Lavallée
Nous débarrasser des fétiches de la religion de l’Histoire,
Entretien avec André Perez
Puissances du communisme

Hannah Arendt s’inquiétait que la politique puisse disparaître complètement
du monde. Les désastres du siècle étaient tels que la question de savoir si «
la politique a finalement encore un sens » devenait inévitable. Les enjeux de
ces craintes étaient déjà éminemment pratiques : « Le non-sens auquel la
politique tout entière est parvenue est attestée par l’impasse dans laquelle
les questions politiques particulières se précipitent. » Pour elle, le
totalitarisme était la forme de cette disparition redoutée. Nous avons aujourd’hui
affaire à une autre figure du péril : le totalitarisme à visage humain du
despotisme de marché. La politique s’y trouve laminée entre l’ordre naturalisé
des marchés financiers et les prescriptions moralisantes du capital ventriloque.
Fin de la politique et fin de l’histoire coïncident alors dans l’infernale
répétition de l’éternité marchande. L’idée d’une autre société est devenue
presque impossible à penser, et d’ailleurs personne n’avance sur le sujet dans
le monde d’aujourd’hui. Nous voici condamnés à vivre dans le monde où nous
vivons. Le philosophe Daniel Bensaïd, récemment disparu, tente ici de répondre
à cette désespérance en portant son attention aux débats du mouvement
altermondialiste, en interrogeant Marx, Lénine et les années 1970, notamment en
Europe du Sud et en Amérique latine. Dans ce recueil de textes; il s’agit tout à
la fois de souligner des continuités et des ruptures, afin de donner de la
profondeur théorique et historique aux controverses actuelles. Pour Daniel
Bensaïd une politique de l’opprimé ne pouvait contourner les questions stratégiques,
mais devait, au contraire les mettre au centre.