Table des matières
Table des matières
Introduction
Chapitre 1. Désenchantement du monde et fétichisme
Un détournement de la catégorie de fétichisme
Le désenchantement du monde
Imaginaire religieux et formes précapitalistes
Les « fantasmagories » de la marchandise
Des choses « sensibles suprasensibles »
Des formes de pensées qui ont une « objectivité »
« Des rapports sociaux entre les choses »
« Les individus sont désormais dominés par des abstractions »
La particularité des rapports de production capitalistes
Le fétichisme comme forme d’existence des rapports de production capitalistes
Commentaires
Religion, aliénation, fétichisme
L’hégéliénisation du marxisme
« Fétichisme du don » et fétichisme de la marchandise
Chapitre 2. « Chosification » des rapports sociaux et « personnification » des choses
La marchandise comme forme sociale
Le fétichisme de la marchandise
La subsomption du travail sous le capital
Le fétichisme des forces productives subsumées par le capital
Commentaires
La théorie de la valeur-travail selon Ernest Mandel
La théorie de la forme valeur
Travail abstrait et abstraction réelle chez Jean-Marie Vincent
La bureaucratie moderne comme « hiérarchie de savoir »
Chapitre 3. Fétichisme, réification, rationalité instrumentale
Le travail abstrait selon Lukács
Du côté de Max Weber
Fétichisme et quantification
Force de travail et « travailleur libre »
Dialectique de la forme valeur et figures de la rationalité
Commentaires
À propos des Manuscrits de 1844
Sociologie de l’action et matérialisme des relations sociales (Weber et Marx)
Chapitre 4. La production de formes d’individuation : le sujet politico-juridique et le travailleur parcellaire
Les individus comme « porteurs » des rapports de production
Le sujet juridique comme forme sociale
Fétichisme juridique et individualisme marchand
La figure du travailleur parcellaire
État et force de travail
Subsomption réelle, disciplines et captation de l’agir humain
Des procès de socialisation contradictoires
À propos de l’individualisme moderne
Commentaires
Sur le concept de force de travail
Disciplines, souveraineté et droit chez Michel Foucault
Chapitre 5. Fétichisme et communisme
« Représentons-nous une réunion d’hommes libres »
La société « ne sera plus qu’un seul bureau et un seul atelier »
La bureaucratie comme « cerveau universel »
Plan et « valeur indice »
Le fétichisme de l’« État-plan »
« Les acquêts de l’ère capitaliste »
« L’administration » comme point aveugle
Autonomie du procès de production et contrôle social
La production comme sphère séparée
« Des rapports transparents et rationnels avec ses semblables et avec la nature »
Commentaires
Marx et le dépérissement de l’État
Marx et le travail : deux problématiques de l’émancipation
Appropriation publique et sociale de la production
Conclusion. À propos du marxisme comme théorie critique
Bibliographie

En cette époque de marchandisation du monde, l’actualité de Marx tient tout entière dans les phrases par lesquelles débutent Le Capital : « La richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production capitaliste s’annonce comme une immense accumulation de marchandises. L’analyse de la marchandise, forme élémentaire de cette richesse sera par conséquent le point de départ de nos recherches».
Marx ne s’en tient pas à une analyse « économique », au sens courant du terme, du capitalisme. Il le fait certes, et nombre de ses analyses gardent toutes leurs pertinences pour comprendre la mondialisation capitaliste. Mais il va plus loin. Pour lui la marchandise n’est pas la forme naturelle des produits du travail, mais une forme sociale particulière, générée, justement, par la production capitaliste. Et pourtant, tout se passe, comme, s’il était naturel que ces produits se présentent sous la fomre marchandises possédant une valeur.
C’est que, explique Marx, « un rapport social déterminé des hommes entre eux (revêt) pour eux la forme fantastique d’un rapport des choses entre elles ». La marchandise, comme « choses sociales » a donc un « caractère fétiche » dont il faut percer le secret en analysant les particularités des rapports de production capitalistes. Marx ne considère pas ceux-ci comme de simples rapports « économiques », mais comme des rapports sociaux. C’est-à-dire comme des rapports qui structurent d’une certaine façon l’objectivité du social, mais également les formes de socialisation des individus.
Voilà pourquoi Le Capital porte comme sous-titre « critique de l’économie politique ». Parce que, pour percer les mystères de la marchandise, il faut produire une analyse critique de ces formes d’objectivité du social et de socialisation des individus. C’est cette dimension de l’analyse de Marx que veut restituer l’auteur. Il ne s’agit pour l’auteur de se livrer à une exégèse détaillée du Capital, mais de restituer l’intérêt toujours actuel de cette approche, des questions qu’elle pose et des problèmes auxquels elle se heurte. Ce faisant, il entend également revenir sur « la tradition marxiste ». Bien souvent, elle a occulté cette approche de Marx, mais il a également existé une « marxisme critique » qui, au contraire, mettait au centre l’analyse marxienne du fétichisme.