Le travail incarcéré

Collection "Le Présent Avenir"

Auteurs: Bellenchombre Patrick, Canino Rémi, Frize Nicolas, Lhuilier Dominique

Parution : novembre 2009
Pages : 160 pages
Format : 150 x 215
ISBN : 978-2-84950-238-9


Table des matières

1/ Le travail à l’épreuve du prisme carcéral 7

Les configurations de l’emploi pénitentiaire 9

À quoi sert le travail ? 12

2/ Travail, peine et prison : parcours historique 17

Travail, travail pénal et peine 19

La mise au travail des « désaffiliés » 22

Valeurs moralisatrices et normatives du travail 26

Le travail sur les galères 27

Le bagne et la naissance du travail pénal 30

La chaîne finale de la punition 33

Rendre utiles « les inutiles au monde » 35

Témoignage 1 39

Pierre : entrer dans « le monde du travail » carcéral

3/ Les équivoques du travail pénal :

entre exploitation et résistance 45

La double face du travail en prison 45

Les dégâts de l’activité empêchée 56

Le travail comme usage de soi 63

La reliance par le métier 67

Témoignage 2 69

Paul: dire l’expérience du travail

4/ Du travail comme peine ou comme droit ? 73

L’organisation du travail en prison 74

Exclu du droit commun du travail 77

Le travail pénal, un travail pénitentiaire ? 79

Les « droits » et devoirs du détenu travailleur 81

Le travail pénal en images 86

L’exemplarité institutionnelle ? 88

Un impossible droit du travail en prison ? 90

Témoignage 3 95

François : les mêmes évolutions que dehors ?

5/ Activité professionnelle, formation et culture 99

Ce que disent les énoncés et arguments institutionnels 100

Les vrais moteurs du travail pénal ? 103

Valeur du travail : arguments et pratiques 105

L’institution pénitentiaire et sa vision de la réinsertion 108

Qu’attendons-nous d’une activité professionnelle structurante ? 110

Pour une réflexion collective sur les liens entre travail,

formation et culture 113

Des expériences pratiques pour transformer les usages 116

Témoignage 4 121

Alain : « J’ai toujours travaillé ou suivi des formations »

6/ Santé mentale et travail 125

Corps et réalité 127

Suspension de la faculté de penser 129

Stratégie de l’activisme 131

Stratégie de la rationalisation du mal 134

Les ressources sociales de la subjectivité 135

Le travail comme épreuve pour la subjectivité 139

Le travail et sa reconnaissance 140

Incidences du chômage sur la violence des jeunes 141

Dénégation de la souffrance et intentionnalité du risque 142

La promesse de l’identité 143

7/ Les fonctions économiques,

sociales et psychologiques du travail 145

Une main-d’oeuvre carcérale carencée ? 146

Naturalisation de la discrimination sociale 147

Travailler, expérimenter, transformer 148

Rompre avec les impasses du travail pénal 149

Sortir de l’exotisme carcéral 152

Bibliographie 155

Présentation

La prison n’est pas une île coupée du monde. Loin de l’exotisme carcéral qui consiste à aborder l’univers pénitentiaire en le déconnectant de son contexte, ce livre propose une inversion des regards. Au-delà des tableaux saisissants, régulièrement rapportés d’excursions au-dedans des enceintes pénitentiaires, il s’agit de reconnaître que la prison n’est qu’une excroissance de la société, sa reproduction exacerbée. Dans cette perspective, le prisme du travail pénal est particulièrement intéressant pour explorer les finalités de cette institution, les « usages » que les personnes incarcérées font des « offres » d’activités intra-muros, le sens de la peine et du « traitement pénitentiaire ». On sait que l’empêchement de l’activité est fondamentalement privation du pouvoir de l’action. Être privé de métier, c’est être cantonné à des « occupations », être amputé des conditions nécessaires à la fois à la construction de soi et à la construction du vivre ensemble. En ce sens, la prison constitue bien un véritable observatoire de questions communes à toute société comme à tout individu. Et l’étude du travail en prison éclaire les fonctions du travail dans le monde libre comme elle impose aussi de repérer comment les caractéristiques contemporaines du « monde du travail » se déploient dans l’enceinte de la prison. La restauration du travail, de ses fonctions économique, sociale, psychologique a une portée générale susceptible de transformer à la fois le « travailleur » et le système dans lequel il vit, dedans, comme dehors. C’est bien dans cette perspective que se situe l’ensemble des contributions de cet ouvrage collectif, au-delà de la diversité et de la complémentarité des expériences de chacun des quatre auteurs.  

Commentaire
 
Les auteurs :
Dominique Lhuilier est professeure de psychologie du travail au CNAM. Elle a publié plusieurs ouvrages sur la prison comme L’univers pénitentiaire, Desclée de Brouwer, 1997 ou Le choc carcéral, Bayard, 2001.

Patrick Bellenchombre
est toujours incarcéré après treize ans de prison. En détention, il a réalisé des études universitaires dont une recherche de doctorat sur le travail pénitentiaire.

Rémi Canino est psychologue au Centre National d’Observation de Fresnes depuis 1987 et chercheur au CNAM.

Nicolas Frize est compositeur, et dirige une structure de création musicale. Responsable de la commission « Prisons » de la Ligue des Droits de l’Homme, il a publié Le sens de la peine, éd. Léo Scheer, 2004.



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