La Valse des écrous

Travail, accumulation du capital et action collective

Collection "Le Présent Avenir"

Auteur: Bouquin Stephen

Parution : mai 2006
Pages : 320 pages
Format : 165 x 230
ISBN : 2-84950-089-5


Table des matières

Introduction    

Première partie. Les modèles d’analyse de l’industrie automobile

 Chapitre 1. L’archipel perdu  

L’invincibilité économique nippone

La transplantation à l’étranger

Les véritables raisons de l’essor nippon

L’idéal-type comme projet gestionnaire

L’angle mort de la lean production

La segmentation sociale comme levier de coercition

Retour ou continuité d’une certaine résistance sociale ?

Chapitre 2. De la voie unique à la diversité des modèles ?

Une multiplicité de stratégies de profit ?

Une modélisation fragile

Le Japon pluriel

Typifier les relations salariées ?

Au-delà du fonctionnalisme de l’école de la régulation

Chapitre 3. L’accumulation du capital aux frontières du marché

Un processus d’accumulation contradictoire et chaotique

La saturation progressive des marchés.

L’internationalisation de la concurrence           

Un marché oligopolistique       

Les réponses managériales aux contradictions de l’accumulation

La guerre des prix réduit le taux de marge brut

Le « benchmarking » ou le serpent qui se mord la queue

Sortir de l’impasse par la concentration et la désintégration ?

Quelques éléments de conclusion

Deuxième partie. Rationalisation et conflits

Chapitre 4. Retour sur les luttes contre le travail taylorien

Le « problème des OS » et le refus de la remise en cause du taylorisme

Des luttes pour transformer le travail ?

Problèmes d’hétérogénéité sociologique et d’unité syndicale

L’unité des ouvriers par-delà les clivages culturels est un enjeu permanent

La politique patronale travaillait en permanence à la division

L’orientation syndicale n’est pas neutre

Les dernières luttes ?

Chapitre 5. L’automation ou l’expulsion du travail vivant

Automates, manipulateurs et robots

Les premiers robots chez Renault : de la résistance à l’adaptation

Fiat Mirafiori ou la rationalisation par l‘épreuve de force

Volkswagen-Wolfsburg : l’automatisation sous surveillance syndicale

La modernisation des presses d’emboutissage chez Toyota

Conclusion      

Chapitre 6. Le travail en groupe, instrument d’implication-contrainte et bouclier social

La coopération informelle comme source d’autonomie

Les réalités contrastées du teamwork chez General Motors Opel

Et en France ?

Pour conclure

Chapitre 7. L’aménagement et la réduction du temps de travail, nouveaux leviers de rentabilité ?

Quand la réduction du temps de travail va de pair avec l’intensification

Temps, rythmes et cadences dans l’industrie automobile en France

En Allemagne, une réduction du temps de travail productive

En guise de conclusion

Chapitre 8. Microconflits autour de la sous-traitance et de l’intérim

Sous-traitance et maîtrise technologique

Quelques exemples en Europe

Quelques cas de micro-conflits

Le travail intérimaire permanent

De la résignation

La résistance par la loi et les prud’hommes

Quelques conclusions

 Conclusion

Troisième partie. Études de cas

 Chapitre 9. RVI-Blainville entre résistances et reculs sociaux

Quelques mots sur l’économie du secteur et du groupe RVI

Division du travail, qualifications et innovation technologique

Un échec des tentatives d’implication participatives

Politiques salariales et actions revendicatives

Remarques finales

Chapitre 10. Volkswagen-Bruxelles et les avatars de la rationalisation

L’industrie automobile en Belgique

Une plate-forme de forage de profits

De l’atelier taylorien à la rationalisation permanente

La refondation du collectif de travail par la grève (février 1991)

De la suppression d’effectifs à la révolte contre l’intensification (1992-1994)

Le Masterplan pour réformer les relations de travail (1995-1996)

Le Gruppenarbeit devient un champ de mines (1994-1996)

La convention de réduction du temps de travail ou la pacification fragile (1997)

La crise productive de l’accumulation flexible (1997-1998)

Épilogue : normalisation syndicale et/ou exacerbation des tensions sociales ?   

Quelques éléments de conclusion

Conclusion générale

Un management anticrise permanent ?

L’industrie automobile en fin de course ?

Trajectoire longue et retours du passé se croisent        

De l’entreprise organique à la société usine     

Dissolution des solidarités par le management ?           

Conflits sociaux et conjoncture économique    

Les racines sociales de l’action collective        

De nouvelles contradictions apparaissent         

Domination, consentement et résistance

Postface, par Pierre Cours-Salies

Annexes

Abréviations et liste des tableaux

Tableaux

Méthodologie d’enquête         

Bibliographie   

Présentation

L’industrie automobile est devenue le champ de bataille de titans. Si les voitures encombrent les villes et les routes, elles gardent une place de première importance dans les statistiques économiques et dans beaucoup de politiques gouvernementales. Des groupes de stature mondiale s’affrontent pour y préserver ou accroître leurs parts de marché. L’auteur présente les conditions réelles de cette concurrence. Il envisage les liens entre les transformations du travail, l’accumulation du capital et l’action collective au sein d’un secteur qui est depuis longtemps un laboratoire d’innovations managériales, de gestion, de technologies.
Aux nombreuses analyses se focalisant sur la vie des ateliers ou sur l’entreprise, l’auteur ajoute une dimension intégrant les traits caractéristiques de ce secteur. Aux produits les coopérations et les synergies, aux humains, l’obligation de s’ajuster aux normes d’intensité et de qualité du travail. Le livre s’organise en 3 parties.
La première aborde les réalités contemporaines à partir d’une critique du « spectre » que fut le « modèle japonais » au cours des années 1980-1995. Puis l’auteur nous présente les différentes étapes d’une modernisation conflictuelle. Dans cette deuxième partie, après un retour sur les luttes contre le travail taylorien, synthétise les questions de l’automation, celles sur le travail en groupe ou le teamwork ; la complémentarité est fortement marquée entre ces aspects d’une « modernité technique » et les questions plus brutales sur le temps de travail et la flexibilité comme sur l’intérim et la sous-traitance de l’usine.
Dans la troisième et dernière partie, l’auteur présente, ainsi éclairés, les résultats de plusieurs années de recherche de terrain sur les cas de Renault Véhicules Industriels dans la banlieue de Caen et de Volkswagen en Belgique. Ces deux monographies plus détaillées permettent d’aborder de façon chronologique et thématique les contenus et enjeux des transformations du travail et surtout, la manière dont ils sont mis en place. Ceci laisse apparaître avec plus de relief le fait que les mondes sociaux de l’entreprise sont aussi des champs de force, polarisés par des acteurs et des logiques contradictoires.

Commentaire

Cet ouvrage, lisible par toute personne curieuse de connaître les évolutions des usines de production et des formes de lutte collective en leur sein, intéressera au premier chef de nombreux syndicalistes d’entreprises de l’automobile mais aussi tous les étudiants et chercheurs en sciences sociales. Deux monographies (Volkswagen à Bruxelles, Renault Trucks à Caen) dont l’histoire des vingt dernières années a pu être restituée, donnent à voir et comprendre ce qui est réellement nouveau dans le process productif et les relations de travail




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