Table des matières
Introduction
1re partie : La lutte pour la survie (1919-1925)
Chapitre 1. L’héritage
La naissance du syndicalisme dans l’enseignement primaire - Une forme originale de syndicalisme révolutionnaire - Le syndicalisme enseignant face à l’État et aux amicales - Chapitre 2. « Fusionnistes » et « antifusionnistes »
La transformation des amicales en syndicats - Louis et Gabrielle Bouët - Le refus de la fusion : une conception élitiste du syndicalisme enseignant - Les partisans de la fusion
Chapitre 3. La Fédération face à l’offensive fusionniste et à la répression gouvernementale
L’impossible recours à la grève : l’exemple du 1er mai 1920 - La Fédération face à la répression - La lutte contre la fusion - Contre la fusion avec le SN et pour le maintien de l’unité confédérale - : les paradoxes du combat de la Fédération dans la minorité de la CGT - Chapitre 4. La Fédération dans la CGTU et l'apparition des Tendances
Les difficiles débuts de la CGTU et l’émergence des syndicats autonomes La mise en place des commissions syndicales du Parti communiste et - l’apparition des tendances - L’affirmation des tendances
Chapitre 5. La reconnaissance officielle des tendances et l’impossible front unique
Une minorité divisée - Les limites des divergences entre les tendances : l’exemple du débat sur « éducation rationnelle et humaine » ou « éducation de classe » - La reconnaissance officielle des tendances - L’impossible « front unique » avec le SN -
2e partie : Face à l’hégémonie du Syndicat national : l’affirmation du syndicalisme révolutionnaire (1925-1928)
Chapitre 1. Une Fédération d’instituteurs ruraux
Une implantation toujours aussi discontinue - Typologie des syndicats unitaires de l’enseignement - L’influence réelle de la Fédération -
Chapitre 2. Les revendications corporatives et le problème des moyens d’action
La Fédération et les revendications corporatives - Une revendication « avant-gardiste » : le « traitement unique » Le dilemme de la Fédération : l’impossible « action directe »
Chapitre 3. La Fédération et la pédagogie Les conceptions pédagogiques défendues par la Fédération Réalité et limites de l’effort d’innovation pédagogique entrepris par la Fédération : l’exemple de l’enseignement de l’histoire Célestin Freinet ou les ambiguïtés du statut de la pédagogie dans la Fédération
Chapitre 4. Pour « la défense laïque » et contre « l’école unique » - La Fédération et l’école laïque - La Fédération face au problème de l’école unique « L’école du travail », une alternative à l’école unique ?
Chapitre 5. L’École émancipée et les « groupes d’études » de la Fédération
La propagande fédérale : L’École émancipée et les bulletins des syndicats départementaux
Les groupes d’études de la Fédération : les groupes féministes Les autres groupes d’études : le comité des professeurs et les groupes de jeunes
Chapitre 6. Le dilemme : renforcer la Fédération ou aider à structurer la gauche du SN ?
La Fédération menacée de marginalisation - Une nécessité absolue : renforcer la Fédération - La Fédération face à l’hégémonie du SN - Une fraction communiste de plus en plus divisée - - Conclusion
3e partie. De la rupture avec le Parti communiste à l’unification syndicale dans l’enseignement (1929-1935)
Chapitre 1. La rupture entre la Majorité fédérale et le Parti communiste
Le message de l’Internationale communiste et ses conséquences - La Majorité fédérale prise entre deux feux La rupture définitive
Chapitre 2. Naissance, vie et mort de l’Opposition unitaire
L’offensive du PC, de la CGTU contre la MF : l’apparition de la MOR Une alternative « communiste » à l’orientation de la CGTU : - l’Opposition unitaire - Les débuts assez prometteurs de l’OU - La crise et la longue agonie de l’OU
Chapitre 3. La Fédération face à la crise économique et à ses Conséquences
La Fédération face à la crise économique - La Fédération face à la mutation du SN - Les luttes de tendances dans la Fédération - La Fédération et l’aspiration à l’unité syndicale
Chapitre 4. L’impasse
Les difficultés de la Fédération - La grève du 20 février 1933 et ses conséquences - La Fédération et le Mouvement Amsterdam-Pleyel - Une MF divisée et isolée
Chapitre 5. Les deux dernières années de la Fédération
Le 12 février 1934 et ses conséquences - Le grand tournant du PC et de la CGTU - Maintenir coûte que coûte la Fédération - La Fédération et le mouvement antiguerre de Saint-Denis - Une unité au goût amer -
Conclusion

La Fédération unitaire de l’enseignement a joué un rôle déterminant dans la genèse du syndicalisme enseignant contemporain. Née de l’ouverture de la Fédération des syndicats d’instituteurs à tous les enseignants, cette organisation de la CGTU expérimenta un fonctionnement fondé sur l’existence de tendances organisées statutairement reconnues que la Fédération de l’éducation nationale adoptera par la suite. La survivance de plusieurs tendances se réclamant du syndicalisme révolutionnaire est une autre spécificité du syndicalisme enseignant qui fait aussi partie de l’héritage de la Fédération unitaire. Mais son histoire ne se résume pas aux affrontements inhérents à ce mode de fonctionnement. Ses militants ont aussi été confrontés aux questions fondamentales qui n’ont cessé de se poser au syndicalisme enseignant. Il en est ainsi de la place qu’il fallait accorder dans leur lutte à la pédagogie. Partisans des méthodes de l’« Éducation nouvelle », ils ont volontiers mis en avant les réalisations de la Fédération dans ce domaine. Mais la méfiance puis la véritable hostilité avec lesquelles ses dirigeants ont accueilli l’émergence du mouvement initié par l’un des leurs, Célestin Freinet, amène à s’interroger sur la réalité de cette image d’un syndicalisme à la pointe de l’innovation pédagogique. Ils ont surtout été confrontés à un problème qui remettait en cause l’existence même de la Fédération : comment et pourquoi maintenir une organisation « avant-gardiste » et donc nécessairement minoritaire face au puissant Syndicat national des instituteurs héritier des amicales du début du 20e siècle ? Si la Fédération a pu survivre jusqu’à la réunification syndicale de 1935, elle le doit à un groupe de militants désireux de démontrer qu’il était possible de réunir les diverses catégories d’enseignants au sein de syndicats départementaux regroupés dans une « fédération d’industrie » et d’éviter ainsi toute dérive «corporatiste ». Ils se sont aussi évertués à empêcher la bureaucratisation de leur organisation enlimitant par exemple à deux ans le mandat de ses dirigeants. Mais l’histoire de la Fédération unitaire de l’enseignement démontre que de telles mesures ne suffisent pas à elles seules à garantir un fonctionnement réellement démocratique. Autant de problèmes qui n’ont pas fini de susciter des débats au sein du mouvement syndical contemporain !