
Ancien secrétaire général de la Fédération générale du travail de Belgique et ancien président de la Confédération européenne des syndicats, Georges Debunne est un syndicaliste dont la vie se confond avec celle du mouvement ouvrier. Son engagement en faveur de la construction européenne a été de la première heure : il n’a cessé d’œuvrer pour qu’un syndicalisme de dimension transnationale prenne forme et acquière consistance dans la lutte et la négociation. Pourtant, le regard que porte aujourd’hui Georges Debunne sur les orientations politiques poursuivies par l’Union européenne, sur les travaux de la Convention et sur la charte européenne des droits fondamentaux s’avère sans complaisance. Le primat de l’économique sur le social, le refus d’établir une prise de décision à la majorité qualifiée, le culte du droit à la concurrence font de la Commission et du Conseil européen des instruments au service de la seule logique libérale. « La chute du mur de Berlin en 1989 a ouvert la porte toute grande à la mondialisation et à la pensée unique qui va de plus en plus aiguiser l’attitude du patronat de moins en moins enclin à faire des concessions » note ainsi Georges Debunne. Cet ouvrage ne constitue pas un réquisitoire de principe contre l’Europe, mais exprime le profond désaveu d’un militant qui assume le choix du fédéralisme et de la supranationalité, mais dans l’idée de renforcer et d’étendre les droits démocratiques et sociaux, non de les détruire peu à peu.