Table des matières
Préface d’Alain
Plénel. Je n’ai pas tué Codé… pas encore… !
Propos
introductif. De l’écriture inachevée d’une tranche d’histoire
1re
partie. Une colonie se révolte
1. Aux origines
d’un embrasement
2. Face à la
violence coloniale, la montée de la tension sociale
3. Rancœurs et
contentieux politiques et sociaux
4. La déferlante
de l’insurrection
5. La mécanique
implacable de la répression
6. La peur des
possédants réactive les clivages politiques et sociaux
2e
partie. Réprimer et punir ce monde étrange des insurgés
7. Exorciser la
révolte : les procès des insurgés
8. La
personnalité des insurgés et les particularités de l’insurrection
9. Peloton d’exécution
et bagne !
10. Le nouveau
terrain politique et social
Annexes

Une Commune de Paris en terre coloniale ?
Les années
1869-1870-1871 sont marquées en France par une grave crise de régime se
traduisant par plusieurs crises sociales répétées, par l’affaiblissement
politique et enfin par l’effondrement du régime napoléonien suite à la défaite
militaire, l’occupation allemande d’une large partie du territoire français et
le soulèvement de la Commune
de Paris.
Cette période chargée a occulté ce qui se passait dans
l’empire colonial français des événements qui méritent d’avoir leur place dans
la mémoire du combat des opprimés.
Décembre 1868 : Le massacre des prolétaires réunionnais,
immigrants indous ou cafres devant la mairie de Saint-Denis de la Réunion par les troupes françaises
quand en France dans la région des puits de mine du Tarn on procède, cette même
année aussi à la tuerie des gueules noires du plateau du Gua. Septembre 1870 :
Le préfet du Tarn, responsable de la fusillade des mineurs, est celui qui se
retrouve gouverneur de la
Martinique en charge de la répression de l’insurrection qui
vient d’éclater.
Avril 1871 : Insurrection de Kabylie et de la province de
Constantine en Algérie, en pleine Commune de Paris et au début du procès des
insurgés martiniquais. On retrouvera dans les bagnes de Guyane et de
Nouvelle-Calédonie, communards et pétroleuses parisiens, insurgés et « femmes
incendiaires » de Martinique ainsi que les rebelles kabyles partageant parfois
les mêmes transports maritimes pour rejoindre leurs destinations dans l’enfer
vert des bagnes. Ces coïncidences, au demeurant peu essentielles, ne doivent
pas conduire à ignorer les dynamiques propres générées par les situations
complexes des sociétés coloniales quand bien même les révoltes se sont placées
dans le contexte de la chute du régime impérial, de la proclamation de la République et de
l’occupation du territoire français.
L’étude que Gilbert Pago nous donne à connaître de
l’insurrection paysanne de la
Martinique décortique les explosives relations sociales,
raciales, coloniales dans un territoire qui émerge à peine du système
esclavagiste. Il sert à révéler un pan de l’histoire de la France coloniale au moment
de la transition entre la fin du premier empire colonial français et la mise en
place de la relance en fin du 19e siècle de la colonisation européenne