Vichy en Provence

Midi rouge, ombres et lumières (1940-1942)

Collection "Histoire : enjeux et débats"

Auteur: Mencherini Robert

Parution : octobre 2009
Pages : 600 pages
Format : 150 x 215
ISBN : 978-2-84950-233-4


Table des matières

Introduction

Première partie. Naissance d’un régime d’exception (juin-décembre 1940)

Chapitre 1. Le maelström de la défaite et de l’exode

Le flot des réfugiés étrangers et français

Allocations, cahiers d’écoliers et réalités

Juillet-août 1940 : le reflux…

Bannis et exilés dans le Midi

Survivre en exil

Les étrangers après l’exode

La place de la « galaxie des Milles »

Des Groupes de travailleurs espagnols aux Groupes de travailleurs étrangers

Des étrangers en « liberté » sous contrôle permanent

Les ressortissants du Reich en danger

Les nationaux de l’Europe occupée

La place particulière des Italiens

Les Français repliés avec les entreprises de médias

Mise au point. Artistes des Baux et des Alpilles dans la tourmente, Louis Jou et Marie Mauron

Intellectuels et artistes réfugiés à Marseille et dans le département

Les démobilisés et repliés de l’armée française

Les « sujets de l’Empire » pris au piège de la défaite, Africains et Indochinois

La synthèse impossible d’un monde éclaté

Mise au point. Nouvelles évaluations de la population de Marseille et du département

De la bicyclette au gazogène, du train au navire, de l’usine à la ferme : le temps des pénuries

Les restrictions…

Mise au point. Des « absents » très présents : les prisonniers de guerre

Des prisonniers devenus symbole

Les colis

Remplacer une main-d’œuvre et des chefs de familles absents, aider les proches

L’évolution de la nature et de la prise en charge des retours

Le nombre de prisonniers de guerre

Chapitre 2. La mise en place de l’État français et les premiers mois de la Révolution nationale

Une semaine d’été entre deuil et « résurrection »

Des anciens ministres et des parlementaires très suspects

De la révolution nationale à la révolution communale, la prise en main du département

La révolution municipale

L’épuration et la réorganisation des services municipaux

Des médias sous surveillance

Une presse sous influence

Quotidiens et hebdomadaires aux ordres

Les hebdomadaires locaux

Des antennes et des écrans bien contrôlés

Police prise en main et police parallèle

La répression du communisme

Des compagnies de passage aux camps d’internement

En finir avec un monde ouvrier ancien : « La CGT appartient au passé »

La dissolution des « sociétés secrètes »

La laïcité suspecte et réprimée

Une population discriminée, une Révolution nationale misogyne, xénophobe et antisémite

La femme au foyer

Du rejet différencié des populations exogènes à la xénophobie

Les dispositions antisémites

Une rentrée scolaire sous le signe de la Révolution nationale, une école épurée et contrôlée

Mise au point. L’installation et l’action des commissions d’armistice et leur action dans le département jusqu’en 1942

L’arrivée et l’installation des délégations italiennes et allemandes dans les Bouches-du-Rhône

L’action des commissions d’armistice italienne et allemande

Chapitre 3. Des « hommes du Maréchal » aux ralliés, les soutiens du régime et l’opinion des Provençaux

Une organisation nouvelle de la jeunesse

Les soldats désarmés des Chantiers de la jeunesse

Les Compagnons de France entre morale et travail

Les nouvelles organisations d’adultes et la Légion française des combattants : « Ils sont morts les partis qui divisaient la France… »

Les organisations de droite extrême

L’Action française et « la divine surprise »

Le Parti populaire français (PPF) en sa « République autonome »

Du Parti au Progrès social français : le PSF

Prières pour la Révolution nationale : le régime de Vichy, les deux grandes confessions chrétiennes et leurs mouvements de jeunesse

L’Église catholique en vénération du Maréchal

Les Églises réformées maréchalistes mais divisées

Les mouvements de jeunesse chrétiens dans la tourmente

L’été des ventres déjà affamés et des cœurs anglophiles

Un homme qui pleure et des drapeaux en berne

Octobre 1940, le choc de Montoire

Novembre, mois funeste entre requiem et bombardement

Chapitre 4. Le voyage du Maréchal à Arles, Marseille et Toulon : deux journées particulières de « propagande-spectacle »

D’Arles à Toulon, le Maréchal en son royaume de Provence et aux portes de l’Empire

Une population enthousiaste et subjuguée

Marseille maréchaliste et tricolore

Les coulisses d’une communion nationale

Un voyage qui se construit autour du maréchalisme

Une patrie enracinée dans le terroir et la tradition : groupes folkloriques et santons de la Révolution nationale

Après le voyage, les prolongements du maréchalisme

Le bilan très positif pour le régime d’une opération de « propagande spectacle »

Deuxième partie. La Révolution au royaume du Maréchal (janvier 1941-octobre 1942)

Chapitre 5. Les Provençaux entre un monde en guerre et les fêtes de l’ordre nouveau

Février 1941, l’amiral Darlan au pouvoir

Un mois de mai 1941 très Travail, Patrie, Jeunesse… et Famille

Du printemps à l’automne 1941 : des affrontements de Syrie et des « Protocoles de Paris » à la guerre germano-soviétique

Juillet 1941, un fait divers historique et un cortège « d’ancien régime »

L’opinion sous le « vent mauvais » de l’été 1941

Guerre contre le communisme et tribunaux d’exception

La presse quotidienne, les attentats et le temps des otages

Comment réagit l’opinion ?

Les préoccupations constantes des Provençaux

Une guerre de plus en plus présente en fin d’année 1941

Avril-mai 1942 : du retour de Pierre Laval aux « Fêtes de Mai »

Une collaboration accrue et contestée

Août-septembre 1942 : la Légion à Gergovie, les Allemands et les Soviétiques à Stalingrad, les Britanniques à Madagascar

L’opinion avant le débarquement en Afrique du Nord

Mise au point. Des batailles de rue dans les Bouches-du-Rhône au procès d’Anatole France à Aix-en-Provence

La consigne gouvernementale : « Faire disparaître les marques extérieures de la 3e Internationale »

L’épuration dans les municipalités : Émile Zola chassé d’Aix-en-Provence

Anatole France, pomme de discorde entre Ludovic-Oscar Frossard et Charles Maurras

Le Mémorial d’Aix : le choix de la tradition

Le recul de la municipalité aixoise

Chapitre 6. Projets et instruments de la Révolution nationale

Une réforme radicale des institutions et des services, de Vichy jusqu’au département. La police aux avant-postes

Le voyage d’Aix du 23 juillet 1941 : une étape dans le processus de régionalisation en Provence ?

Des préfets entre Marseille, le département et la région

Une centralisation maintenue et développée

Une propagande tous azimuts, mais peu efficace

De la presse et des ondes aux salles obscures et à l’édition : les grands médias sous contrôle

Difficultés et paradoxes des tentatives de contrôle des productions artistiques : l’exemple du théâtre

Jeune France, une aventure limitée, mais prémonitoire

Les organisations para-étatiques : de la Légion française des combattants au Service d’ordre légionnaire

Des légionnaires nombreux

Quadriller le département

S’enraciner dans les milieux professionnels

Servir et intervenir auprès des pouvoirs publics

Participer à la répression

Manifester et se manifester

Fêter les anniversaires : d’une année à l’autre

Un essoufflement qui va croissant

Réticences et oppositions à la LFC au sein du monde vichyste, tensions avec la presse régionale et les pouvoirs publics

Naissance et affirmation du Service d’ordre légionnaire (SOL)

Été 1942 : une LFC en crise

Le régime et les Églises

Une piété catholique toujours vivace

Les prises de position de la hiérarchie catholique dans le département : une dualité ?

Une communauté protestante plurielle, l’exemple d’Aix-en-Provence

Le quadrille des collabos et les partis de la droite extrême

Les royalistes, l’Action française et Charles Maurras

Le Progrès social français en difficulté

De janvier 1941 au congrès de Villeurbanne (juin 1941), le PPF s’affirme

Le PPF après l’attaque allemande contre l’URSS, « cette guerre est notre guerre »

De la création de la LVF à la mort de François Sabiani

Le PPF contre les manifestations de la Résistance et en lien avec le consulat allemand

L’automne 1942 du PPF et le « congrès du pouvoir »

Les difficultés des francistes et du Rassemblement national populaire

Mise au point. L’État français et la ProvenceVichy, Frédéric Mistral et l’occitanisme

Faire revivre et enseigner les « petites patries » et le provençal

Le culte de Frédéric Mistral

La « petite patrie » et le laboratoire arlésien

La culture régionale entre propagande et réalité

Félibrige et politique sous Vichy

L’ombre de la statue disparue

Mise au point. Région et Province/Provence, mythes et réalités

Chapitre 7. Contrôler les groupes sociaux, réprimer, exclure et déporter

Contrôler l’éducation et la jeunesse

L’école sous Vichy

Saluer le drapeau

Le retour du religieux

Modifier les cursus scolaires

Nouveaux programmes, nouveaux manuels

Former de nouveaux enseignants

Chasser les récalcitrants

L’Université enrôlée dans la Révolution nationale

Les Chantiers de jeunesse, pièce maîtresse du renouveau

Les Chantiers en Provence

Anciens et manifestations des Chantiers

Des Chantiers en revue

Les mouvements confessionnels et les scouts face au projet de la jeunesse unique

Des Scouts de France aux Éclaireurs israélites

La mobilisation des Scouts de France

Éclaireurs protestants et israélites

Les autres associations de jeunesse chrétienne, le CPJ et l’Action catholique de la Jeunesse française

Une « Fédé » protestante trés active

Les fédérations catholiques

La tentative de prise en main des Auberges de jeunesse

Les nouvelles organisations de jeunesse : les Compagnons de France

Les nouvelles organisations de jeunesse : la Jeunesse de France et d’outre-mer (JFOM)

Vichy et le contrôle politique et social du monde du travail salarié

Monde ouvrier, syndicalisme et Charte du Travail

Des syndicats ouvriers dans l’entre-deux

Propagande de Vichy et mise en place des comités sociaux

La promotion de l’artisanat

« Les communautés » et la classe ouvrière, Économie et Humanisme et le Mouvement populaire des familles (MPF)

La corporation des pêches maritimes

La création à Marseille d’Économie et Humanisme

De la Ligue ouvrière chrétienne au MPF

Vichy et le contrôle du monde agricole

Réprimer les comportements déviants, les opposants et les résistants

Les francs-maçons persécutés

La répression anticommuniste

Les prisons de Marseille

L’internement des Tsiganes

De l’exclusion à la spoliation des juifs

Le destin particulier des juifs étrangers, en 1941-1942, de l’internement à la déportation

Mise au point. Jules Isaac à Aix-en-Provence et les Carnets du Lépreux

Chapitre 8. Les populations et les pénuries, activités et conditions de vie.

Des transports maritimes bouleversés

La décrue du trafic portuaire

Une flotte sous contrôle

Des transports ferroviaire et routier en souffrance

Les prélèvements des vainqueurs : moyens de transports et matières premières industrielles

De la traque des métaux non-ferreux aux convois de la société Schenker

Des entreprises en déficit d’énergies et de matières premières

L’exemple de la métallurgie et de la construction navale

Des Aciéries du Nord à la production de l’alumine

Le destin des « industries traditionnelles »

Importations maritimes et prélèvements de bétail et de produits alimentaires

Productions agricoles de l’arrière-pays et élevage : les effets différenciés des pénuries

Le développement de la riziculture

Une main-d’œuvre sollicitée

Volontaires pour l’Allemagne, des embauches individuelles à la Relève

Départs volontaires pour l’Allemagne à partir de Marseille (juin-août 1942)

L’accentuation des pressions pour la Relève et la loi sur les réquisitions de main-d’œuvre

La vie quotidienne et les restrictions [164] : un réseau de transports sinistré

Le temps de la faim et des secours américains

Face aux pénuries alimentaires, marché noir ou gris, « on se débrouille »

Les jardins ouvriers

La consommation et les conséquences sanitaires des pénuries vues d’un observatoire privilégié : l’Institut national d’hygiène

La condition précaire des Indochinois à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône en 1941-1942

Conclusion

Notes

Bibliographie

Sources

Liste des sigles

Index

Présentation

En juillet 1940, la Provence et les Bouches-du-Rhône se retrouvent sous l’autorité du gouvernement de Vichy. Les populations méridionales, déboussolées par la défaite, submergées par l’exode, placent leurs espoirs dans le chef du nouvel État français, Philippe Pétain, en qui se reconnaissent également les églises. Très rapidement, s’impose la Révolution nationale qui dissout les assemblées élues, épure les administrations, interdit les confédérations syndicales, exclut les indésirables juifs, tsiganes ou francs-maçons, réprime les communistes et les dissidents, et, en dépit de déclarations régionalistes qui lui amènent l’appui de franges occitanistes, renforce la centralisation.

Tout le département est quadrillé par de nombreuses organisations qui encadrent la jeunesse (Chantiers de jeunesse, Compagnons de France) ou l’ensemble de la population (Légion française des combattants), tandis que les partis de droite extrême, PPF, PSF, Action française (Charles Maurras est en Provence) soutiennent le régime.

De nombreux trains partent de Marseille vers l’Allemagne, ceux de la Relève ou du STO, des Volontaires français contre le bolchevisme, qui vont se battre aux côtés de la Wehrmacht sur le Front de l’Est. Et, pendant l’été 1942, les autorités de Vichy livrent aux Allemands les juifs étrangers rassemblés au camp des Milles, près d’Aix-en-Provence.

Ce sont tous les aspects de la vie sociale et politique de Marseille et des Bouches-du-Rhône, de l’armistice de juin 1940 jusqu’à l’occupation de novembre 1942, que Robert Mencherini explore, à partir de nombreuses sources souvent inédites. Une riche iconographie enrichit le volume.

Commentaire

La publication de cet ouvrage a bénéficié du soutien du conseil général des Bouches-du-Rhône.




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