Table des matières
Avertissement
Introduction. Universités françaises et universités européennes face au défi de Bologne
Christophe Charle
«L’économie de la connaissance», le nouveau management public et les politiques de l’enseignement supérieur dans l’Union européenne
Chris Lorenz
La convergence européenne en Espagne: le risque d’une fausse solution
Ana Rioja et Nuria Sánchez Madrid
L’Université italienne entre marché, formations professionnelles et pouvoir politique
Marco Pitzalis
L’enseignement supérieur allemand: rhétorique d’autonomieet blocages systémiques
Jürgen Schriewer
La Grande-Bretagne à la croisée des chemins: entre volonté politique et logique économique
Cécile Deer
L’Université grecque : paradoxes et problèmes majeurs
Stephanos Pesmazoglou
Le « LMD » en France : loin de l’utopie de l’universitas médiévale, les effets d’une réforme économique libérale
Frédéric Neyrat
Massification, professionnalisation, réforme du gouvernement des universités et actualisation du conflit des facultés en France
Brice Le Gall et Charles Soulié
Abandon des études universitaires et insertion professionnelle des étudiants en France
Jean-Luc Primon
La libéralisation de l’enseignement supérieur au Japon
Christian Galan
Les universités japonaises sont-elles mortes?
Shigeru Okayama

Depuis plus de vingt ans, et en particulier depuis la déclaration de Bologne, la transformation des universités en Europe rassemble des hommes politiques de bords opposés et un petit nombre des universitaires qui en tirent partie. Les résultats ont pourtant tout pour inquiéter : imposition de recettes à peine adaptées des entreprises, exagération sans mesure des exigences de la professionnalisation, sélectivité accrue, concurrence entre établissements, hiérarchisation entre universités, obsession pour la rentabilité financière de l’investissement éducatif, sans oublier la précarisation des statuts d’enseignants et de chercheurs.
La comparaison conduite par des universitaires d’origine géographique différente montre l’inspiration néolibérale partagée qui hante les initiatives en apparence éclatées (à l’exemple de la récente loi française sur les libertés des universités). Le modèle universitaire privé nord-américain qui se heurte aux conditions spécifiques de chaque pays n’est pas exportable. Il favorise, au contraire, un véritable renversement de la table des valeurs académiques.
Ce diagnostic informé d’enseignants qui croient encore aux vertus critiques du savoir laisse crûment apercevoir les illusions et les faux débats du discours officiel ambiant.