Raisons d'éditer

Une syllepse est une forme grammaticale qui privilégie les accords fondés sur le sens plutôt que sur la règle…
Syllepse ! Ce nom n’est ni un hasard, ni un vain mot. Il suffit de regarder notre catalogue qui se veut Babel. Ce qui ne signifie pas cacophonie ! En effet, si les langues sont multiples, elles débouchent, pas à pas – nous l’espérons, nous y travaillons –, vers des compréhensions communes, vers une langue partagée, vers un sens commun, vers des « tous ensemble » de la pensée et de l’action.

Les mouvements et les acteurs sociaux produisent des idées, émettent des propositions, interprètent le monde et agissent sur lui. Syllepse n’est rien de plus qu’une petite maison sans étage au milieu des gratte-ciel, mais c’est un espace de liberté éditoriale, un espace d’«auto-édition», un territoire autogéré qui plante le drapeau d’une autre économie politique sur l’archipel des contestations qui émergent au milieu de l’océan capitaliste. Syllepse est une petite maison au fonctionnement coopératif, un alter-éditeur, dont l’ambition est simple et modeste : pouvoir dire un jour aux propriétaires des gratte-ciel : « Rendez-vous, vous êtes cernés ! »

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Le capitalisme est-il en faillite ?

 

Une trajectoire du capital

 De la crise de 1929

à celle de la nouvelle économie

 

 Auteur: Johsua Isaac


 22 euros

Ce livre est né d’un certain nombre d’interrogations sur un capitalisme pris entre mutations et continuité, entre capacité à survivre et mort annoncée. Deux grandes préoccupations le traversent. Il s’agit d’abord (en partant de Marx) de trouver l’équilibre entre énoncé de ses mutations et expression d’une continuité, entre bouleversement perpétuel et constance d’une matrice. En quoi, par exemple, la crise de 1929, bien que non reproductible, est-elle quand même le prisme au travers duquel on peut continuer à lire les crises d’aujourd’hui? Il s’agit ensuite de rejeter tout à la fois l’accablement résigné que suscite la perpétuation du capitalisme et le réflexe pavlovien de l’annonce régulière de sa fin apocalyptique. Il s’agit donc de désigner les écueils entre lesquels ce système navigue, qu’il peut éviter mais contre lesquels il peut aussi bien se fracasser. Que nous révèle, de ce point de vue, la trajectoire du capital, jetée comme un pont suspendu entre la crise de 1929 et celle, en 2001, de la «nouvelle économie»? Telle est la question à laquelle l’ouvrage tente de répondre.
Un premier chapitre est consacré à la crise de 1929. La grande crise est, au premier chef, américaine. Trois tendances de fond animent le capitalisme (à l’homogénéisation, à la différenciation, à l’interconnexion) et elles accroissent toutes trois l’instabilité du système. Comment alors comprendre qu’après la fin de la deuxième guerre mondiale, on n’a pas constaté une succession de crises de plus en plus violentes, mais, au contraire, trente années d’une expansion forte et régulière ? Pour l’expliquer, nous nous tournerons (chapitres 2 et 3) vers la «guerre de 30 ans», celle qui, de 1914 à 1945, a fait se succéder guerres, crises et révolutions. Un quatrième chapitre traitera alors de la mondialisation comme étant celle du salariat et du capital productif. Une mondialisation subreptice, qui n’est pas celle qu’on croit. Désormais, il s’agit de produire partout à la façon capitaliste. La guerre de 30 ans nous apparaît à nouveau comme l’acte fondateur. Dans la foulée, un cinquième chapitre tentera de caractériser la finance actuelle. Un sixième chapitre illustrera en quelque sorte les développements précédents en décortiquant la crise de l’Asie du sud-est de 1997. Le septième chapitre, centré sur la crise américaine de la nouvelle économie (2001), confirmera le propos. La conclusion générale de l’ouvrage s’appuie sur l’ensemble de la trajectoire examinée pour tenter d’éclairer les voies d’un futur incertain. Elle décrit les sentiers escarpés que le système capitaliste est contraint de parcourir, cheminant tel un funambule entre divers abîmes: entre Etat dominant et passage du témoin, entre crises de l’intensivité et crises de l’extensivité, entre étouffement et effondrement.

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