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Raisons d'éditer
Une syllepse est une forme grammaticale qui privilégie les accords fondés
sur le sens plutôt que sur la règle…
Syllepse ! Ce nom n’est ni un hasard, ni un vain mot. Il suffit de
regarder notre catalogue qui se veut Babel. Ce qui ne signifie pas cacophonie !
En effet, si les langues sont multiples, elles débouchent, pas à pas – nous
l’espérons, nous y travaillons –, vers des compréhensions communes, vers une
langue partagée, vers un sens commun, vers des « tous ensemble » de la pensée
et de l’action.
Les mouvements et les acteurs sociaux produisent des idées, émettent des
propositions, interprètent le monde et agissent sur lui. Syllepse n’est rien de
plus qu’une petite maison sans étage au milieu des gratte-ciel, mais c’est un
espace de liberté éditoriale, un espace d’«auto-édition», un territoire
autogéré qui plante le drapeau d’une autre économie politique sur l’archipel
des contestations qui émergent au milieu de l’océan capitaliste. Syllepse est
une petite maison au fonctionnement coopératif, un alter-éditeur, dont
l’ambition est simple et modeste : pouvoir dire un jour aux propriétaires des
gratte-ciel :
« Rendez-vous, vous êtes cernés ! »
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Zoom sur...

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LA GRANDE MUTATION
Néolibéralisme et éducation en Europe
135 pages - 7 euros
Collection "Comprendre et agir" Auteurs: Bruno Isabelle, Bruno Isabelle, Laval Christian
L’avenir de nos écoles et de nos universités se décide de
plus en plus à l’échelle européenne. Encore mal connue, la politique de
l’Europe en matière d’éducation reste peu visible alors même que son influence
s’accroît. Connaître le sens de la « stratégie
de Lisbonne » et du
processus de Bologne »,
c’est se donner la possibilité de mieux comprendre la grande mutation de nos
institutions d’enseignement. C’est aussi
comprendre le projet de société que l’Union européenne met en œuvre au travers
des réformes nationales en se servant de relais multiples et parfois inattendus
à l’intérieur de chaque pays.
L’enjeu de cette politique néolibérale est considérable. En
rupture avec les bases humanistes de l’école, elle fait de cette dernière un
instrument au service exclusif de la compétitivité économique dans le cadre du
capitalisme globalisé. Par là, elle menace la formation de citoyens libres et
le développement de la pensée et de la science.
De la mise en concurrence des écoles à la pédagogie des
compétences, de l’évaluation quantitative à l’augmentation des droits
universitaires, du pouvoir managérial à la professionnalisation généralisée des
cursus, une cohérence s’impose par touches successives à tous les niveaux de
l’enseignement : le projet
de construire un « marché
européen de la connaissance ».
Partout en Europe les mêmes réformes régressives engendrent
des mobilisations qui demandent aujourd’hui à être coordonnées. Dans toutes les
langues de l’Europe, les mots d’ordre disent un même refus de l’« école-entreprise » et de la « connaissance-marchandise ».
Le message de ce livre fortement documenté est clair : mieux connaître la politique
européenne en matière d’éducation et de recherche, c’est se donner les moyens
d’engager la lutte sur le terrain transnational où seule désormais elle peut
être gagnée.
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