Table des matières
7.
L’avenir des agricultures paysannes face aux nouvelles pressions sur la terre, Laurent
Delcourt
Points de vue du
Sud
37.
De la crise alimentaire à la souveraineté alimentaire, le défi des mouvements sociaux, Eric Holt-Giménez
57.
« Codes de bonne conduite » : une réponse à l’accaparement des terres ?, Saturnino
Borras Jr. et Jennifer Franco
79.
Accès et contrôle de la terre en Inde, un défi pour les communautés paysannes, Nicholas Chinnappan
93.
Le Guatemala dans le marché mondial des agrocarburants, Laura Hurtado
111.
Pérou : conflits pour l’accès à la terre des peuples indigènes, Paulo Vilca
135.
Madagascar : des terres pour l’agro-industrie internationale ?, André Teyssier, Landry
Ramarojohn, Rivo Andrianirina Ratsialonana
161.
Éthiopie : l’« accaparement » de terres arables par des investisseurs étrangers, Genet Mersha
181.
Perspectives en matière de réforme agraire en Afrique australe, Sam Moyo
201.
Sauvegarder le droit des femmes pour améliorer la sécurité alimentaire, Mary
Wandia

La crise alimentaire a jeté une lumière crue sur les
aberrations du modèle de développement agricole promu dans le Sud. Bien que des
récoltes record y soient enregistrées, la faim progresse. Paradoxe tout aussi
flagrant, les trois quarts des sous-alimentés sont des ruraux, producteurs
eux-mêmes de denrées alimentaires. Imposés dans des conditions d’inégalités
extrêmes – foncières, techniques… –, la libéralisation des marchés agricoles et
le retrait concomitant des soutiens publics ont conduit à la marginalisation des
petites paysanneries du Sud, dans l’incapacité de faire face à la concurrence
mondiale.
Certes, les institutions internationales qui reconnaissent aujourd’hui
le rôle des agricultures familiales et paysannes dans la lutte contre la
pauvreté, ainsi que dans la préservation de la biodiversité, préconisent des
mesures d’appui public ou privé. Mais la problématique du contrôle de la terre
reste largement négligée.
Les orientations proposées reposent sur un modèle de
cohabitation harmonieuse entre agricultures paysannes et agrobusiness. Modèle
qui de facto fait l’impasse sur les désastreuses conséquences sociales et
environnementales de l’intense concurrence pour l’accaparement des sols, des
sous-sols et des ressources que se livrent multinationales et autres
investisseurs extérieurs. Les mouvements paysans y opposent l’alternative de la
souveraineté alimentaire. Garantie de survie des petites exploitations agricoles
– qui représentent 80 % des actifs en zones rurales –, elle suppose d’abord et
avant tout l’accès à la terre et la maîtrise des ressources naturelles.
Ouvrage collectif, coordonné par Laurent Delcourt, chargé d’étude au CETRI (Centre tricontinental, Louvain-la-Neuve, Belgique).