Table des matières
Editorial
De l’usage de la
différence
par Aurélie Leroy
Points de vue du Sud
Inde : « race » et «
racialisation »
par Zaheer Baber
Malaisie : rôle de
l’État dans la gestion des tensions ethniques
par Shamsul Haque
État sri-lankais ou
cinghalais ?
par Jude Lal Fernando
Persistance de la «
race » dans l’Afrique du Sud post-apartheid
par Jeremy Seekings
Conflits fonciers,
ethnicité politique et guerre en Côte d’Ivoire
par Alfred Babo
Guatemala :
modernisation capitaliste et racisme dans les circuits du café
par Matilde González-Izás
Cuba : la dimension
raciale dans le processus de reproduction de la pauvreté
par María del Carmen Zabala Argüelles
Racisme et nouveau
modèle d’État en Bolivie
par Carlos Mendoza

Le racisme a la peau dure mais il sait se faire élastique.
Il résiste à sa condamnation en sacralisant le clivage entre « eux » et « nous
» sur base d’attributs non plus uniquement physiques, mais culturels. La
mondialisation, tout en diluant les particularismes dans le moule de la
modernité, alimente les résurgences identitaires et renforce l’hétérogénéité
culturelle des groupes sociaux sur fond de flux migratoires et d’accroissement
de la mobilité. Comment articuler égalité et différence dans une perspective citoyenne
et démocratique ? La question se pose dans les sociétés « accueillant » des
populations immigrées, comme dans celles qui abritent des minorités ethniques
et nationales. Des modèles « intégrateurs » aux variantes multiples ont vu le
jour au Nord comme au Sud. Quels sont les enjeux de ces politiques ?
Reconnaître la diversité dans la perspective d’un projet national commun ?
Certaines expériences génèrent des liens collectifs nouveaux – certes conflictuels,
imparfaits et inachevés -, d’autres aboutissent au rejet parfois violent de
pans entiers de la population. Si le racisme plonge ses racines dans les
inquiétudes culturelles et les peurs identitaires, il a aussi partie liée avec
l’exploitation économique et sociale. Discriminations et inégalités se
confondent-elles pour autant ? Tantôt le combat pour le respect de la diversité
et la lutte contre les dominations sociales vont de pair, tantôt ils
s’ignorent, voire s’opposent, dans les principes, comme dans la pratique.