Table des matières
Éditorial
. Le Brésil de Lula : une dynamique de contradictions, Laurent Delcourt
Points de vue du Sud
. L’« énigme
Lula » ou le devenir
contradictoire de la gauche brésilienne, Emir Sader
. Ébauche d’un nouveau type d’État au Brésil : les présidences de Cardoso et
Lula, Brasilio Sallum Jr.
. Lula et la politique étrangère brésilienne
de à ,
Jean-Jacques Kourliandsky
. L’action du gouvernement Lula dans le
domaine social : une
lecture complexe, Rosa Maria Marques et Áquilas Mendes
. Réforme agraire et Mouvement des sans-terre
sous le gouvernement Lula, Bernardo Mançano Fernandes
. Le mythe brésilien d’un éthanol socialement
et environnementalement propre, Maria Luis Mendonça
. Les mouvements sociaux face au gouvernement
Lula, Marcelo Kunrath da Silva, Antônio João Ferreira de Lima, Valter Lúcio de
Oliveira
. « On veut décourager ceux qui se
consacrent à la lutte sociale ».
Entretien avec João Pedro Stédile, dirigeant du Mouvement des sans-terre, Zé
Dirceu
. Index
. Liste des Alternatives Sud parus

Au terme du deuxième et dernier mandat présidentiel de Lula,
et au-delà de son extraordinaire
popularité, quel bilan tirer de ses huit années à la tête du Brésil ? Les commentateurs ne manqueront pas de
souligner les acquis du « lulisme » :
une santé économique impressionnante, des indices de développement humain en hausse et un activisme
diplomatique tous azimuts qui a promu ce
pays-continent au rang d'acteur global incontournable. Pour autant, ces succès ne doivent pas masquer
les errements et les renoncements du
gouvernement Lula par rapport au projet
populaire incarné historiquement par le Parti des travailleurs.
Certes, il a mis un point d'arrêt au cycle de
privatisations, réaffi rmé très
nettement le rôle de l'Etat dans le pilotage de l'économie, élargi les programmes de lutte contre la pauvreté et
manifesté une tolérance sans commune
mesure avec celle de ses prédécesseurs à l'égard des mouvements sociaux.
Parallèlement, trahison pour les uns, mal nécessaire pour les autres, la réforme agraire et
l'indispensable redistribution des
richesses ont été sacrifi ées sur l'autel de la croissance, dans la poursuite d'une politique économique
bienveillante à l'égard des marchés fi
nanciers et favorable aux secteurs agroexportateurs. A quel coût social et environnemental ? Quelle que soit l'appréciation des années
Lula, cette dynamique « possibiliste »,
faite de continuités, de compromis et d'infl exions davantage que de ruptures, manifeste aussi l'étroitesse
du champ d'action politique qui
caractérise le système institutionnel brésilien.