La Bolivie d’Evo
Démocratique, indianiste et socialiste ?
Collection "Alternatives Sud"
Parution : septembre 2009
Pages : 184 pages
Format : 13,5 x 21,5
ISBN : 978-2-84950-242-6
Table des matières
La Bolivie
d’Evo : démocratique,
indianiste et socialiste ?,
François Polet
Points de vue du Sud
« Indianisation » du nationalisme ou refondation
permanente de la Bolivie,
Pablo Stefanoni
Evo ou l’articulation
du « communautaire-indigène » au « national-populaire »,
Maristella Svampa
Évolutions de la
géographie du conflit bolivien,
Fernando Molina
Ressorts de l’opposition
régionale bolivienne,
Hervé Do Alto et Franck Poupeau
Écueils et déboires de la nouvelle Constitution bolivienne,
Alberto A. Zalles
« Autonomies
indigènes » et « État plurinational »,
Marxa Nadia Chávez León
Nationalisme aymara. Jiwasankiwa Ch’amaxa Jiwasatanwa !,
Alberto A. Zalles
Entretien avec Álvaro García Linera, vice-président de la Bolivie,
Maristella Svampa
et Pablo Stefanoni
État en transition :
blocs de pouvoir et « point
de bifurcation »,
Álvaro García
Linera

Habituellement épinglée comme l’un des pays les plus pauvres
de l’hémisphère occidental en dépit de ses importantes richesses naturelles, la Bolivie affiche
aujourd’hui l’image d’un État engagé dans une dynamique historique de
refondation de ses structures économiques, sociales et institutionnelles. Priorités
du gouvernement d’Evo Morales : la récupération de la souveraineté nationale,
la redistribution sociale des revenus, la reconnaissance de la diversité
culturelle et la revalorisation de la démocratie.
Élu président à la majorité absolue en 2005, plébiscité par
67 % de ses concitoyens lors du référendum révocatoire d’août 2008 et peut-être
en route pour un deuxième mandat de chef d’État, l’ancien militant syndicaliste
cocalero, l’indigène aymara Morales incarne d’abord l’aboutissement politique
d’un long processus d’organisation populaire généré dans la contestation
sociale des années néolibérales. Il révèle aussi toute la fragilité, la
difficulté et les aléas d’une entreprise ambitieuse de décolonisation des institutions
et des pratiques.
Trop conciliant ou pragmatique pour les uns, centralisateur
ou inefficace pour d’autres, son nationalisme de gauche, son idéal socialiste
aux accents indianistes effraie avant tout l’élite blanche des riches régions
orientales de la Bolivie,
ainsi qu’une certaine communauté internationale.
Renégociation des contrats avec les multinationales d’exploitation
des hydrocarbures, refonte complète de la Constitution
nationale, nouvelles répartitions agraires… la liste des acquis s’allonge.
Un projet aussi « populaire » saura-t-il s’inscrire dans la durée
?