Table des matières
Éditorial
Retour de l’État.
Pour quelles politiques sociales ?, Laurent Delcourt
Points de vue du Sud
Mondialisation,
sécurité humaine et politiques sociales au Nord et au Sud, Andrés Pérez
Baltodano
Maroc : un État social fragile dans la réforme
néolibérale, Myriam Catusse
Afrique du Sud : débats autour de l’idée
d’allocation universelle, Franco Barchiesi
Inde : repenser la protection sociale des travailleurs
informels, Babu P. Remesh
Indonésie : instrumentalisation
politique des filets de sécurité sociale, Mulyadi Sumarto
Venezuela : politiques sociales et
économiques dans un État patrimonial pétrolier, Leonardo V. Vera
Chili : un modèle social en mutation, Manuel Riesco
Brésil :
construction d’un État social effectif, Patrus Ananias de Sousa

Le modèle de l’État minimal a fait long feu. La crise
financière mondiale a achevé de discréditer les tenants de la doxa néolibérale et
réactualisé le principe de l’intervention publique.
Dans le même temps, la réhabilitation de l’État dans le
débat sur les politiques de développement se poursuit.
Depuis qu’elles ont fait de la lutte contre la pauvreté leur
priorité, les institutions internationales redécouvrent l’importance des politiques
sociales publiques qu’elles avaient elles-mêmes contribué à marginaliser ces
trois dernières décennies.
Dans le Sud, les gouvernements multiplient les initiatives
en faveur des exclus de la croissance, les unes inspirées par l’idée de
développement national, les autres par le souci de prévenir l’agitation, quand
il ne s’agit pas simplement de s’adapter aux recommandations extérieures.
Quels sont les contours de ces interventions qui
s’inscrivent dans des configurations sociales, économiques et culturelles diverses
? Et quelle est leur portée réelle en termes de justice sociale ?
Faut-il n’y voir qu’un remède visant à tempérer les effets
néfastes de la libéralisation, sans réelle incidence en matière de changement
social et de lutte contre les inégalités, à l’instar des projets de la Banque mondiale axés sur la
gestion du risque ?
Ou ces politiques préfigurent-elles l’émergence de formes
nouvelles de solidarité collective dont l’État serait le garant ?
Tout projet de redistribution ambitieux devra passer par la
mise en cause des politiques fiscales conservatrices et des orientations macroéconomiques
orthodoxes.