Table des matières
7. Mobilisations dans le Sud face à la crise alimentaire, Laurent Delcourt
Afrique subsaharienne
35. Afrique du Sud : mouvements sociaux face à l’industrie agroalimentaire, Shawn Hattingh
41. Kenya : inertie de la société civile, vacuité des politiques agricoles, Patrick Mbataru
47. République démocratique du Congo : une crise qui enchâsse une autre, Michel Luntumbue
53. Cameroun : acteurs et logiques des émeutes de 2008, Fred Eboko
59. Nigeria : peu d’action collective, beaucoup de violence, Olutayo Adesina
65. Burkina Faso : petites manœuvres et grandes résolutions face aux mobilisations, Augustin Loada
75. Sénégal : prise de conscience en faveur de l’autosuffisance alimentaire, Demba Moussa Dembélé
Maghreb et Moyen-Orient
83. Maroc : dépendance alimentaire, radicalisation contestataire, répression autoritaire, Lamia Zaki
89. Égypte : crise alimentaire et mutations de l’espace public, Sarah Ben Néfissa
97. Palestine : insécurité alimentaire, sous-produit de l’occupation, Caroline Abu-Sada
103. Liban : entre déni des enjeux sociaux et clientélisme communautaire, Myriam Catusse et Karam Karam
111. Yémen : facteurs de déstabilisation et mécontentement populaire, Laurent Bonnefoy
117. Turquie : pourquoi la « crise » alimentaire n’a-t-elle pas mobilisé ?, Aysen Uysal
Asie
125. Inde : mise à l’épreuve des mouvements de résistance, Vinod Raina
133. Sri Lanka : quelle opposition populaire au néolibéralisme sur fond de conflit interne ?, Sarath Fernando
137. Bangladesh : réalité et ressorts de la crise alimentaire, Hamidul Huq
141. Chine : priorité à la croissance nationale ou à la souveraineté alimentaire ?, Lau Kin Chi
149. Thaïlande : hausse du prix du riz, beaucoup en pâtissent, certains en profitent, Jacques-Chai Chomthongdi
153. Cambodge : sécurité alimentaire, un combat trentenaire, Raoul-Marc Jennar
159. Indonésie : agriculture nationale sur une pente mortelle, Khudori
167. Pacifique insulaire : réactions dispersées face à la crise, Tamatoa Bambridge et Hiria Ottino
Amérique latine
175. Argentine : secteur agricole mobilisé, modèle productiviste conforté, Maristella Svampa
183. Paraguay : de la crise à la souveraineté alimentaire ?, Marielle Palau
189. Bolivie : gestion de l’inflation sur fond de forte polarisation politique, Mamerto Pérez
197. Brésil : mouvements paysans face aux conséquences foncières de la hausse des prix, Carlos Walter Porto-Gonçalves, Paulo Roberto Alentejano
203. Venezuela : politiques publiques et organisation sociale face à la dépendance alimentaire, Héctor Lucena et Letitia Montilla
211. Haïti : colère populaire sur fond de crise totale, Maggy Mathurin
215. Guatemala : nouveaux défis pour les mobilisations sociales et indigènes, Simona Violetta Yagenova
221. Mexique : « crise de la tortilla » et orages à venir, Guillermo Almeyra
225. Index
227. Liste des Alternatives Sud parus
Port-au-Prince, Le Caire, Dakar, Mogadiscio, Kuala Lumpur, Manille,… pour nombre de capitales du Sud, l’année 2008 aura été celle des « émeutes de la
faim ». Traditionnellement sourds aux appels de la rue, les gouvernements des pays concernés ont cette fois réagi au quart de tour, conscients que cette
colère populaire là, celle des « ventres creux », constituait une menace sans égal pour leur stabilité. Les réfl exes répressifs ont donc été accompagnés
d’une batterie de mesures d’urgence visant à contenir les prix (vente d’aliments subsidiés, réduction des taxes à l’importation, limitation des exportations, etc.). Expression spectaculaire des tensions sociales et politiques qui agitent l’univers urbain, les « émeutes de la faim » n’épuisent cependant pas la diversité des réactions des populations concernées. Dans de nombreux pays, le mécontentement a tant bien que mal été canalisé dans des manifestations « contre la vie chère » par les acteurs syndicaux ou les forces de l’opposition, avec l’espoir – au-delà de l’urgence humanitaire – d’arracher des changements démocratiques et sociaux à des élites prises en défaut par l’ampleur de la crise. Plus fondamentalement, ces protestations sont l’ultime soubresaut d’une tendance lourde : la marginalisation des agricultures vivrières au profit des monocultures d’exportation et la dépendance accrue des pays pauvres vis-à-vis des marchés internationaux qui en découle. Les organisations paysannes sauront-elles s’appuyer sur la prise de conscience, partagée par un nombre croissant de décideurs nationaux, des dangers de la libéralisation agricole pour faire avancer le principe de la souveraineté alimentaire ?