Déforestation

Causes, acteurs et enjeux

Collection "Alternatives Sud"


Parution : septembre 2008
Pages : 216 pages
Format : 13x21
ISBN : 978-2-84950-19-48


Table des matières

Editorial
Déforestation : à qui profite le désastre ?
par Bernard Duterme
 

L’ampleur de la déforestation – 130 000 km² par an – s’apparente à un désastre écologique et social. Particulièrement concernées : l’Amazonie, l’Afrique centrale et l’Indonésie. En cause, la survie des pauvres, l’industrie agroalimentaire et forestière, le consumérisme des riches. La protection de la biodiversité et l’atténuation des changements climatiques passent nécessairement par un questionnement radical des logiques productivistes et des inégalités.
Problématique complexe aux causes et aux effets (...)


 

Déforestation et agrobusiness

Causes directes et indirectes de la déforestation
par World Rainforest Movement
 

S’en tenir aux causes immédiates de la déforestation sans s’attaquer à ses causes profondes rend inopérante toute tentative de renverser la tendance mondiale. La pauvreté, les inégalités foncières, l’approvisionnement des marchés des pays à hauts revenus en bois, en pâte à papier, en viande, en alimentation animale, en agrocarburants… et au-delà, les modes de production et de consommation prédateurs doivent être (...)


 
Déserts verts en pleine expansion : Brésil, Indonésie, Laos, etc
par World Rainforest Movement
 

En Amérique latine, en Asie, en Afrique, les plantations industrielles de monocultures d’arbres occupent des territoires gigantesques, généralement gagnés sur les forêts primaires. Un désastre pour les écosystèmes locaux et les populations qui en dépendent. Cette expansion est le résultat d’un ensemble de mécanismes de soutien mis en place par des organismes nationaux et internationaux.


 
Ce que dissimulent les rapports de la FAO sur la « Situation des forêts du monde »
par World Rainforest Movement
 

En comptabilisant les plantations industrielles de monocultures d’arbres exotiques à croissance rapide comme des « forêts » à part entière, la FAO tend non seulement à sous-estimer l’ampleur de la déforestation et de la dégradation de la biodiversité, mais s’empêche aussi de questionner en profondeur l’impact social et environnemental hautement problématique de la production de fast wood dans les pays du Sud pour les marchés des pays (...)


Déforestation et politiques du climat
Projets mondiaux de « déforestation évitée » : aux dépens des populations agroforestières ?
par Forest Peoples Programme
 

Pour freiner les changements climatiques, les politiques mondiales entendent désormais favoriser la « réduction des émissions dues à la déforestation » (RED), par des financements publics et privés et par l’activation du marché du carbone. Pour des centaines de millions d’habitants tributaires des forêts, ces projets de « déforestation évitée » qui tiennent peu compte des questions sociales et des moyens de subsistance, constituent un (...)

 
Critique des « partenariats forêts » de la Banque mondiale par les premiers concernés
par Forest Peoples Programme
 

Les populations tributaires des forêts d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine nourrissent de vives craintes à l’égard des initiatives de la Banque mondiale contre le déboisement. Comment une organisation si favorable aux industries d’extraction, à l’exploitation forestière marchande, à l’agrobusiness et aux plantations à croissance rapide tiendrait-elle compte des droits, des réalités et de l’avis des peuples autochtones (...)


 
Convention climat : financer les forêts, les plantations ou les forestiers ?
par Simone Lovera
 

Si l’objectif de « réduction des émissions de carbone dues à la déforestation et à la dégradation des forêts » a occupé une place importante lors de la conférence mondiale de Bali sur les changements climatiques en décembre 2007, il est à craindre que les mesures préconisées exonèrent les pays du Nord et avantagent plus les entreprises forestières, leurs plantations et leurs consultants que les forêts elles-mêmes et leurs (...)

 

Gros plan sur le Swaziland, le Cameroun, le Nicaragua et Haïti

Swaziland : des monocultures durables et équitables ?
par Ricardo Carrere , Wally Menne
 

Interroger le concept de développement durable en explorant sa signification et sa pertinence revient à infirmer la « durabilité » prétendue des plantations forestières du Swaziland. Le développement des monocultures d’arbres et de l’industrie du papier s’est traduit par des effets environnementaux, économiques et sociaux désastreux pour les populations swazis et contribuent à figer une répartition inéquitable des terres et des (...)

 
Déforestation au Cameroun : causes, conséquences et solutions
par Jean Nke
 

Si la démographie et l’agriculture sur brûlis jouent un rôle significatif dans la déforestation du Cameroun, l’exploitation de la forêt et des terres défrichées pour le marché extérieur occupe une place centrale dans la dégradation du milieu et la dépossession des populations agroforestières, en particulier des Pygmées. Les efforts internationaux, nationaux et locaux de régulation doivent s’articuler pour gagner en (...)


 
Nicaragua : exploiter la forêt pour qu’elle vive
par René Mendoza , Klaus Kuhnekath
 

Les conceptions traditionnelles de l’écologie dominent la pensée contemporaine et exercent une puissante influence sur les politiques « conservationnistes » dictées par le Nord aux pays du Sud et au Nicaragua en particulier. Elles dépossèdent de leurs ressources des populations paysannes pourtant capables de préserver la forêt en l’exploitant. Une écologie qui n’extrait pas l’homme de la nature pourrait changer la (...)


 
Haïti : combattre le déboisement ou les inégalités sociales ?
par Ilionor Louis
 

Parmi les acteurs mobilisés dans la défense de l’environnement en Haïti, deux approches se distinguent. La première, dominante, tend à imputer la responsabilité de la déforestation à la production de charbon de bois par les paysans et à privilégier des solutions techniques ou partielles. La seconde épingle la pauvreté et les inégalités sociales comme cause sous-jacente et fait de la redistribution la condition d’un reboisement (...)

Présentation

Problématique complexe aux causes et aux effets multiples, la déforestation est d’abord une tendance mondiale alarmante. Environ 130 000 km² sont déboisés chaque année, plus de quatre fois la superfi cie de la Belgique. Perte nette annuelle, après régénération et nouvelles plantations : 80 000 km². Particulièrement concernés, les trois principaux bassins forestiers du Sud : l’Amazonie, l’Afrique centrale et la zone Malaisie/Indonésie.

Si les conceptions conservationnistes stigmatisent d’abord la pression démographique et les populations en quête de bois de feu ou de nouvelles terres, les mouvements paysans dénoncent quant à eux les usages industriels axés sur l’exportation et l’accumulation de profits, responsables d’une utilisation non durable des forêts et des terres défrichées. Exploitation abusive des bois et des minerais tropicaux, plantations de monocultures d’arbres à croissance rapide, montée en puissance des agrocarburants, production intensive de cellulose, de soja, d’huile de palme…, les modèles de développement et de consommation dominants hypothèquent la survie des populations agroforestières, érodent la biodiversité et dopent les émissions de CO2 liées au déboisement.

La plupart des Etats dispose aujourd’hui de plans d’affectation des sols qui devraient limiter la tendance, mais la volonté ou les moyens de les appliquer manquent. Les compensations financières pour « déforestation évitée » prévues dans la future politique climatique mondiale y changeront- elles quelque chose ? Ou les solutions passent-elles nécessairement par une mise en cause profonde des logiques productivistes ?


 




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