Table des matières
Editorial
François Polet Mouvements sociaux du Sud : diversité et tendances de fond
Amérique latine
Raul Zibechi
Amérique latine : recomposition des luttes face aux nouveaux pouvoirs
Juan González, Rodrigo Cornejo, Rodrigo Sánchez et Juan Pablo Caldichoury
Chili : signification et perspectives du mouvement étudiant
Marielle Palau Paraguay : résistance paysanne et répression
Pablo Stefanoni Bolivie : entre révolution et transition négociée
Marcelo Kunrath da Silva et Antônio João de Lima Brésil : mouvements sociaux entre luttes, institutions et désenchantement
Ramón Pajuelo Teves Pérou : renaissance d’une gauche sociale plurielle ?
Hernán Ibarra Equateur : virage à gauche sur fond d’antipolitisme
Guillermo Almeyra Mexique : résistances sociales morcelées face au gouvernement « illégitime »
Afrique subsaharienne
Demba Moussa Dembélé Afrique : mouvements sociaux et résistances à la mondialisation néolibérale
Augustin Loada Burkina Faso : pauvreté, façade démocratique et… plébiscite paradoxal
Abdoulaye Diallo Guinée : naissance d’une ère nouvelle ?
Anthony Baah Ghana : participation syndicale flouée aux « stratégies de réduction de la pauvreté »
Kohou Mbwélili Nigeria : « guérillas » dans le delta du Niger
Élie P. Ngoma-Binda République démocratique du Congo : nouveaux fronts de résistance
Rindai Chipfunde-Vava Zimbabwe : statu quo malgré l’intensification des mobilisations
Leonard Gentle Afrique du Sud : « apartheid social » et contestations populaires
Maghreb et Moyen Orient
Sarah Ben Néfissa Monde arabe : désillusions des sociétés civiles et gravité des enjeux
Farhad Khosrokhavar Iran : mouvements sociaux démocratiques et État théocratique
Aysen Uysal Turquie : dynamiques des manifestations de rue
Marzoq M. Alotaibi Arabie Saoudite : silence assourdissant d’une société confisquée
Omar Barghouti Palestine : débâcle du mouvement national et conditions d’une renaissance
Azza Khalil Égypte : insatisfaction politique et mobilisations sociales en hausse
Kamal Lahbib Maroc : société civile à l’épreuve des ratés de la monarchie
Asie
Shalmali Guttal et Jenina Joy Chavez Asie : articuler les résistances pour des alternatives régionales
Rémy Herrera Papouasie-Nouvelle-Guinée : radicalité et modernité des luttes populaires
George Junus Aditjondro Indonésie : mouvements sociaux fragmentés, sous la coupe de l’État
Han Dongfang Chine : réflexes répressifs face à la contestation ouvrière
Somchai Phatharathananunth Thaïlande : déchirure dans le camp des mouvements sociaux
Maw Zin Birmanie : dynamiques du mouvement démocratique
Arjun Karki Népal : faillite d’un régime et ascension des mouvements sociaux ?
Vinod Raina Inde : tensions entre mouvements sociaux et alliés politiques
Aasim Sajjad Akhtar Pakistan : insatisfaction sociale et politique face au régime militaire
Vicken Cheterian Ouzbékistan : la « stabilité », à quel prix ?

A de rares exceptions près, l’ensemble des pays du Sud ont connu un réveil et une dynamisation de leurs sociétés civiles ces vingt dernières années. L’ouverture, franche ou timide, d’espaces d’expression, les secousses de la mondialisation, la persistance d’inégalités scandaleuses ou de discriminations ancestrales cumulent leurs effets et alimentent les mobilisations. Paysans en faillite ou expulsés de leurs terres, indigènes historiquement marginalisés, employés dégraissés, couches urbaines précarisées, intellectuels las de se censurer prennent possession des espaces publics pour y exposer leurs griefs et leurs revendications. Bien sûr, l’intensité et la forme de ces mobilisations sont hautement dépendantes des régions concernées : elles s’assimilent tantôt à une lame de fond, tantôt à un simple frémissement selon que l’on porte le regard vers l’Amérique latine, où de larges mouvements populaires ont joué un rôle de premier plan dans l’avènement de gouvernements progressistes, ou que l’on scrute le monde arabe, la Chine ou l’Asie centrale, où des réseaux fragiles et semi-clandestins s’emploient courageusement à réclamer le respect des libertés et des droits sociaux de base. Ces mouvements de la société civile méritent d’être salués, pour constituer un vecteur de démocratisation politique et sociale de première importance. Pour autant, leur juste appréhension exige de tenir compte des menaces tant internes (fractionnements, manque d’ancrage populaire, corporatisme) qu’externes (répression sous couvert de lutte contre le terrorisme, cooptation sous couvert de participation) qui pèsent sur leur action.
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