Table des matières
Editorial
Bernard Duterme
Expansion du tourisme international : gagnants et perdants
Points de vue critiques du Sud
Equations Expansion du tourisme international et libéralisation des services
Anita Pleumaron
Privatisations, marchandisation et tourisme
K.T. Suresh
Alternative démocratique à la logique dominante du tourisme mondial
Mariama Williams
Economie politique du tourisme : libéralisation et condition des femmes
Françoise El Alaoui
Expansion du tourisme mondial et alternatives éthiques
Anita Pleumaron
Tourisme, mondialisation, consumérisme et développement durable en Asie du Sud-Est
Mimoun Hillali
Tourisme rural en Afrique : concilier « authenticité », « qualité » et « rentabilité » ?
Bruno Sarrasin et Haja Ramahatra
Biodiversité et logique du développement « par » et « pour » l’écotourisme à Madagascar
Raymond de Chavez
Mondialisation et tourisme : mélange détonant pour les peuples indigènes
Daniel Hiernaux
Tourisme au Mexique : modèle de masse, de l’étatisme au marché
Ranjan Solomon
Tourisme dans les petits Etats insulaires en développement : quelle durabilité ?

Si l’explosion du tourisme – 10 millions de vacanciers internationaux en 1950, 1 milliard en 2010 – repose pour l’essentiel sur sa démocratisation au sein des couches moyennes des pays riches, son internationalisation n’en confirme pas moins son caractère profondément inégalitaire.
Révélateurs criants des disparités Nord-Sud, les flux et l’industrie touristiques ont aussi tendance à creuser les écarts : quelques tour-opérateurs transnationaux se partagent une part croissante des profits – plus de 500 milliards d’euros de recettes pour l’ensemble du secteur, 10 % du produit mondial brut – et le « premier monde » s’impose toujours comme le principal émetteur et récepteur de ces « migrants de plaisance » que sont les vacanciers.
Pour autant, le tourisme est aussi devenu la première source de devises pour un tiers des « pays en voie de développement ».
A quels coûts sociaux, environnementaux et culturels ? Privatisation du patrimoine, saccage des écosystèmes, folklorisation des sociétés, consommation des mœurs… la monoculture du tourisme massifié et la diversification tous azimuts de son offre induisent-elles autre chose qu’un « nouvel usage occidental du monde » ?
Les initiatives en matière de tourisme solidaire, durable ou éthique veulent le croire, en transformant le loisir en un échange équitable, instrument d’écodéveloppement… Reste que la réalité tenace du rapport inégal entre « visiteurs » et « visités » et celle, plus globale, du déséquilibre entre promoteurs de l’industrie touristique et populations locales invitent à penser de nouvelles formes de régulation.